Sur l'agenda officiel d'Arnaud Montebourg, la rencontre avec Xavier Niel, le patron de Free, est prévue, ce mercredi en fin de journée, à Bercy. A 18h30, exactement. On aimerait être une petite souris pour aller écouter ce que ces deux-là ont à se dire, après leur dispute, la semaine dernière, sur Twitter.

Tweet Montebourg Niel
Tweet Montebourg Niel © Radio France

Un tweet-clash" sur le mode "moi, je redonne du pouvoir d'achat aux Français" (ça c'est Xavier Niel, patron de Free), "non, vous détruisez des emplois" lui rétorquant le ministre du Redressement productif. "On va se voir entre hommes, et on va causer" a, finalement tranché Arnaud Montebourg. Mais dans la presse, ce week-end, Xavier Niel a pris les devants. Interview rare, accordée au Journal du Dimanche, sur laquelle il faut revenir, ce matin, tant elle est décapante, étonnante, sidérante. Dans le plus pur style Niel: une bonne dose de provocation, un peu de mauvaise foi, et une vision quelque un peu déformée de la réalité (notamment sur la qualité des antennes 4G des uns et des autres). Xavier Niel n'hésite pas, surtout, à égratigner certains, ses concurents surtout. Stéphane Richard, le patron d'Orange par exemple, qui a dit que l'offre 4G de Free "c'est du "vent". "Stéphane Richard est encore jeune dans le métier", tâcle Xavier Niel, qui fait un calcul simple pour expliquer comment il arrive à fournir la 4G au prix de la 3G. "Les fréquences ont coûté 3 milliards 6. Ramenées sur 20 ans, ça fait environ 30 centimes par mois, et par abonné. C'est bien loin des 10 euros facturés" par mes 3 concurrents, explique le patron de Free. Xavier Niel qui s'attarde encore sur le patron de Bouygues Telecom: "j'admire rarement les héritiers, commence-t-il, mais Martin Bouygues a souvent un vrai bon sens paysan et c'est un très bon dirigeant". Puis: "il fait un travail de lobbying exceptionnel, n'hésitant pas à utiliser le 20h de TF1 comme outil". Xavier Niel, par ailleurs actionnaire du Monde, poursuit et conclut: "j'ai une conception différente de la liberté de la presse". Tout le monde est servi. Sur Arnaud Montebourg, même méthode: d'abord, un compliment ("il a une vraie volonté de changer les choses, ce qui est rare, ces temps-ci"). Puis le coup de griffe: "il se fait abuser" par mes concurrents. Pour finir, une leçon au "ministre-champion du made in France": "mes concurrents suppriment des emplois, et distribuent des dividendes, majoritairement à des actionnaires étrangers, fonds de pension de retraités de Floride". "Chez Free, nos dividendes restent en France. Tout notre cash est réinvesti". Ces deux-là, Niel et Montebourg, ont vraiment beaucoup de choses à se dire.

> SEPA le moment ? Au contraire! Le gouvernement s'inquiète d'un immense "bug" dans les entreprises, en début d'année prochaine. En fait, le basculement programmé vers ce qu'on appelle le système européen de paiement, SEPA. Il s'agit en fait, d'une nouvelle immatriculation bancaire des entreprises, mais ça concerne aussi les artisans, les commerçants, les professions libérales, les associations. Au 1er février prochain, s'ils n'opèrent pas d'ici là, la "bascule" nécessaire, en adaptant leurs outils informatiques notamment, tous leurs virements ou prélèvements (salaires, factures...), bref toutes leurs opérations bancaires seront automatiquement rejetées. Y compris les opérations franco-françaises... Aujourd'hui, Bercy lance une vaste de campagne de sensibilisation pour éviter un "big bug", constatant que pour les prélèvements, moins de 14% des opérations sont conformes, à ce jour!

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