La dernière fois qu'on a parlé, ici même, de Jean-Claude Trichet -vous vous en souvenez, peut-être-, il était dans un avion. Et rentrait précipitemment d'Australie pour sauver la zone euro. Une semaine plus tard, voilà qu'on reparle du président de la Banque Centrale Européenne, mais cette fois-ci pour évoquer son futur départ à la retraite! Rien ne presse: son mandat à la tête de la BCE ne s'achèvera qu'à la fin octobre 2011 mais déjà les grandes manoeuvres autour de sa succcession ont commencé. Elles ont même pris une sérieuse avance, hier soir. En pleine crise de l'euro, ce qui a, sans doute, pesé d'ailleurs dans le choix effectué. Suivez bien ce qui va suivre, c'est compliqué comme une histoire européenne! Hier soir donc, à Bruxelles, à l'occasion de la réunion de l'eurogroupe, les ministres finances de la zone euro ont choisi Vitor Constancio pour devenir, dans quelques semaines, le nouveau vice-président de la Banque Centrale Européenne. Il est portugais... économiste de formation, et socialiste! Et remplacera... un grec! C'est là qu'entre en jeu la complexe mécanique européenne: par ce choix, vient d'être, en fait, quasiment désigné le sucesseur de Jean-Claude Trichet, fin 2011. Une règle tacite veut, en effet, que les postes "phare" de la BCE (la présidence et la vice-présidence) soit répartis ainsi: l'un à pays du Nord, l'autre à un pays du Sud. L'un à un petit pays, l'autre à un grand. L'un à un "faucon", qui ne s'occupe que de la sacro-sainte lutte contre l'inflation, l'autre à une "colombe", qui se soucierait également de la croissance. Si vous mixez tout ça: vous en déduisez, donc, que l'Allemand Axel Weber -candidat officeux de Berlin pour prendre la présidence de la BCE, fin 2011- a désormais la voie libre pour succéder au Français Trichet. Si cette mécanique implacable va à son terme, pour la première fois, la BCE, construite sur le modèle allemand (de l'ex-Bundesbank) et installée à Francfort sera présidée par un Allemand! Ce choix serait le résultat d'un compromis entre Paris et Berlin. Et encore une façon de rassurer les marchés. La Grèce a 30 jours pour convaincre. 30 jours pour mettre en place ses premières mesures d'austérite, et commencer à redresser ses comptes publics. La décision a été prise, hier soir, par les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Bruxelles. Contre son gré, le gouvernement grec a même dû s'engager à prendre des mesures supplémentaires d'économies, en mars, si ses premières décisions ne produisent pas d'effet. En revanche hier soir, l'eurogroupe s'est refusé à dévoiler les détails de son Plan de soutien à la Grèce, en cas d'aggravation de sa situation sur les marchés financiers. Ce que regrette, publiquement, Athènes. En fait, selon plusieurs sources, les Européens restent très divisés sur les modalités de ce Plan d'aide. En ordre dispercé. C'est aussi comme ça que s'affichent les syndicats au lendemain du Sommet social de l'Elysée, hier. Formellement, seuls 5 des 8 confédérations appellent, à ce stade, à une (première) journée de mobilisation, le 23 mars prochain. Et, elles ne sont pas toutes d'accord sur le mot d'ordre. Pour la CFDT et l'UNSA, les questions d'emploi, de pouvoir achat, de vie au travail doivent être mises en avant. Pour la CGT, la FSU et les Solidaires, c'est la réforme des retraites, le thème majeur... même si le projet de Loi du gouvernement ne sera déposé qu'en septembre. La CGC, la CFTC et Force Ouvrière, pour le moment, ne s'associent pas à cette journée d'actions.

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