Près de 4 milliards d'euros de bénéfices en 2010 annoncés ce matin par la Société Générale, bénéfice net quasiment multiplié par 6. Demain ce sera au tour de BNP Paribas, les analystes tablent sur plus de 8 milliards d'euros de bénéfices, presque autant qu'en 2007 année record... Les banques ont profité des taux d'intéret très bas de la banque centrale européenne, qu'elles n'ont qu'en partie répercuté sur leurs clients, pour regonfler leurs marges. Elles se sont peu à peu délestées des actifs pourris, "illiquides" comme disent les banquiers c'est à dire invendables, ce qui améliore leur rentabilité. Pourtant le lobby bancaire s'inquiète et s'active. Les gouvernements ont promis à leurs électeurs que la crise ne se reproduirait pas et veulent durcir les règles. Cette menace a un nom dans le jargon financier: Bâle III, troisième accord du Comité de Bâle qui regroupe les banques centrales et les régulateurs. Au programme notamment: des ratios de solvabilité plus élevés, les banques devront mettre de côté davantage de fonds propres pour faire face en cas de coup dur, et des ratios de liquidité, pour que les banques puissent davantage résister, soit à des retraits d'argent massif aux guichets comme en 1929, soit à un assèchement du marché interbancaire, la version moderne, 2008 de la crise financière. Des règles de prudence pas excessivement sévères, la BNP et la Société Générale assurent qu'elles n'auront même pas besoin de lever des capitaux pour y faire face, mais qui menacent leur rentabilité insolente. En coulisse le lobby bancaire s'active, aidé par la proximité de certains banquiers français, qui sont parfois d'anciens hauts fonctionnaires, avec le pouvoir. Nul doute que toute à l'heure dans sa tour de La Défense où il détaillera les résultats aux journalistes, Frédéric Oudéa le patron de la SocGen lancera une nouvelle mise en garde. Frédéric Oudéa est aussi en ce moment le président de l'Institut de finance internationale... un lobby bancaire qui organise par exemple demain une conférence sur le G20 avec la participation de Christine Lagarde, ministre de l'économie. Le message des banquiers, martelé dans tous les colloques et conférences: attention, si les nouvelles règles nous pénalisent c'est le financement de l'économie qui sera plus cher. Un chantage au crédit d'autant plus scandaleux que les chiffres de la croissance sont venu le rappeler hier, la crise n'est pas tout à fait finie et les déboires de la finance auront quand même coûté cher à l'économie réelle. Le débat sur l'ISF toujours pas tranché. On pensait dimanche qu'un consensus se dessinait à droite et au gouvernement pour une réforme a minima, avec suppression du bouclier fiscal et relèvement du seuil d'entrée dans l'impot sur la fortune. Nicolas Sarkozy a relancé le débat hier, en soulignant que l'ISF avait été supprimé par les socialistes allemands et espagnols. Sanofi-Aventis met la main sur le laboratoire américain Genzymeet ses médicaments prometteurs. Un accord pour un rachat à près de 15 milliards d'euros annoncé ce matin. Nyse euronext, qui regroupe les bourses de New York et Paris, et Deutsche Börse la bourse allemande ont présenté hier leur projet de fusion. Il reste des obstacles réglementaires à franchir, et certains concurrents pourraient jouer les trouble-fête. Rumeur d'une contre-offre que pourrait lancer la grande bourse de produit dérivés de Chicago sur Nyse Euronext.

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