Hier, au Parlement européen, 2 députés m'ont dit la même chose: "franchement, il y a d'autres priorités! La Grèce par exemple! La crise..." A Michel Barnier, commissaire européen, croisé au bar, on n'a pas eu le temps de poser la question. Quelques minutes plus tard, en tout cas, au même endroit, Pierre Loeb, lui, se dit convaincu de l'inverse: la bataille pour défendre Strasbourg et son Parlement est "plus que jamais d'actualité". "Si on ne fait rien, Strasbourg perdra le siège du Parlement européen... dans les 10 ans" prédit-il. Le journaliste fraîchement descendu du train de Paris s'étonne. Doute, même, de cette urgence mais dans la soirée, Robert Hermann, le 1er adjoint au maire de Strasbourg, confirme (devant une excellente "choucroute de la mer"): "oui, on surveille ça en permanence, depuis la Mairie. Le caractère historique du choix de Strasbourg, symbole de réconciliation franco-allemande, perd de son poids dans une Europe élargie. Il va falloir se battre". Retour un peu plus tôt, au Parlement, où au "bar des journalistes", Pierre Loeb commence à dérouler ses arguments. Il est strasbourgeois. N'a pas 30 ans. Et vient de terminer des études... en lobbying! Pour mettre à profit son savoir-faire tout neuf, pour se faire connaître, et "par conviction" dit-il, il vient de passer ces derniers mois à rédiger un Rapport sur les atouts du Parlement de Strasbourg. Le document a été rendu public, avant hier. C'est une réponse directe, et presque "épidermique" à un autre texte qui a fait du bruit il y a 1 an... le Rapport MacMillan-Scott. Un eurodéputé britannique, qui a évalué à presque 200 millions d'euros par an, le coût du Parlement de Strasboourg (le bâtiment, les frais de déménagement chaque mois). Il en tire cette conclusion: "c'est trop cher: tout devrait être concentré à Bruxelles!" Le Rapport de notre jeune Strasbourgeois, lui répnd point par point et attaque: "c'est un tissu de contre-vérités, d'informations tronquées, erronées ou approximatives" (on n'oserait jamais écrire ça dans une chronique). Pierre Loeb s'est plongé dans les comptes, a questionné le Secrétariat général du Parlement, qui jusqu'ici ne donnait aucune répartition budgétaire entre les 3 sites de localisation (Strasbourg, Luxembourg et Bruxelles). Résultat: le Parlement, installé ici, coûte, en fait, 4 fois moins cher: 51 millions et demi d'euros annuels. Malin, le jeune lobbyiste a trouvé la formule-choc: "ça fait 10 centimes, par an et par citoyen européen". Autrement dit, rien. Pour lui, c'est un argument anti-Strasbourg qui tombe.Des milliards comme s'il en pleuvait. Renault, le constructeur automobile annonce des bénéfices en forte baisse, pour l'année 2011, à 2 milliards d'euros. Les bénéfices d'EDF, eux, s'envolent. Ils sont multipliés par 3, en 1 an: 3 milliards. La Société Générale, elle, affiche des profits, pour 2011, en baisse de 39%, à 2,3 milliards. La banque a passé, dans ses comptes de nouvelles "dépréciations" sur la Grèce.Engagements. Sur le sujet, les ministres des finances de la zone euro décideront lundi prochain s'ils débloquent, ou pas, de nouveaux prêts au pays. Hier, les dirigeants grecs ont répondu à leurs exigences, notamment en s'engageant maintenir intégralement les mesures d'austérité, après les élections.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.