Des excuses "les plus sincères". C'est, dans une lettre, publiée dans la presse britannique, que la banque HSBC a fait son mea culpa, hier. Hier, dimanche, presque une semaine pile après les révélations du scandale "SwissLeaks", mettant la filiale suisse de la banque britannique, au coeur d'un vaste système d'évasion fiscale. Des excuses donc, et une promesse. Stuart Gulliver, le patron d'HSBC jure avoir "complètement réorganisé" sa filiale. 70% des comptes ont été supprimé, les clients de l'époque sont partis. Le patron d'HSBC, enfin, écrit cette phrase (incroyable): "nous n'avons aucune envie de faire des affaires avec des clients qui pratiquent l'évasion fiscale". Un virage à 180 degrés, autrement dit, qu'on a dû mal à croire sincère, et réel. Et on a raison, évidemment... mais c'est pourtant le pari fait, par le G20 et l'OCDE. Ces 2 instances ou organisations ont obtenu, depuis quelques années, de vraies avancées dans la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux mais des avancées basées sur la bonne volonté des financiers, la promesse de changer. C'est ce qu'explique dans une tribune, publiée hier sur le monde.fr, l'économiste Gabriel Zucman. En 2013, il a publié une enquête sur le paradis fiscaux ("La Richesse cachée des Nations"). En analysant les (faibles) informations publiées par les paradis fiscaux (la Suisse notamment), en recoupant des données macro-économique (les balances des paiements des Etats), des données bancaires (bilan et hors-bilan), il chiffre à 8%, le patrimoine financier des ménages, caché dans les paradis fiscaux. Il montre surtout que les fortunes offshores ont progressé de 20% depuis avril 2009, et la promesse du G20 de mettre fin au secret bancaire. Bref, ça continue. et si ça continue, c'est parce que certains financiers trouvent encore avantage à servir des fraudeurs. Sa solution, Gabriel Zucman la répète, donc, aujourd'hui, après SwissLeaks. Il faut d'abord obliger -ce qui n'est pas le cas aujourd'hui- les paradis fiscaux à publier des informations précises sur leurs activités (le montant des avoirs qu'ils gèrent). Il faut bâtir un système de sanctions efficaces et dissuasif, et (3), il faut créer un cadastre financier mondial, sur lequel serait enregistré les propriétaires d'actions, d'obligations et de tout autre produit financier. Une idée utopique? s'interroge faussement Gabriel Zukman. Non, répond-ilà lui-même: "il y a 5 ans, l'échange automatique d'informations était considéré comme infaisable, et on la mis en place!".

L'avenir de la Grèce se joue aujourd'hui. Avec un eurogroupe, la réunion des ministres des finances de la zone euro, cet après-midi, à Bruxelles. Le dernier, la semaine dernière, s'était mal passé... cette fois-ci, il est précédé de négociations techniques, menées ce week-end. Athènes veut obtenir le principe d'un nouveau plan d'aide, le 3ème. Il serait allégé (sans troïka, sans mesures d'austérité. Du côté des créanciers de la Grèce, ses partenaires européens, on préfère un prolongement de l'aide actuelle, avec le maintien du programme fixé, et , notamment, des privatisations.

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