Ceux qui, depuis l'arrivée de l'euro et la création de la Banque Centrale Européenne, se demandent à quoi servait encore la Banque de France, ont obtenu une partie de la réponse, hier. Elle sert, notamment, à sortir un Premier ministre d'une situation délicate, dans laquelle il semble s'être mis tout seul : je veux parler du "couac", d'avant hier soir et d'hier, sur le Livret A. Rappel des faits : mercredi soir, François Fillon annonce qu'il n'y aura pas de "coup de pouce". Les mathématiques sont implaquables, explique le Premier ministre, l'inflation est tombée à 1%, le taux du Livret A doit donc passer, mécaniquement, de 4 à 2%. Economiquement, ça se justifie. Problème : quelques instants plus tard, l'Elysée, au téléphone de plusieurs journalistes, fait savoir que le Président a tranché, dans un sens rigoureusement inverse. Il y aura, bel et bien, "coup de pouce", le taux passera à 2,5%, conclut la présidence. Politiquement, ça se justifie. Jeudi matin (hier, donc), commence l'opération "il faut sauver le soldat (le collaborateur ?) Fillon": trouver une manière de ne pas le désavouer, tout en annonçant une décision contraire à ses déclarations. C'est là qu'intervient la Banque de France. C'est elle, qui doit, officiellement, faire ses recommandations, en matière de rémunération de l'épargne populaire. Après (on peut l'imaginer) de nombreux coups de fil, elle propose fort opportunément de modifier les règles de fixation des taux, qui conduisent (tiens... tiens...) à un taux de 2,5%. François Fillon, à peine quelques minutes plus tard, pourra confirmer la décision, et répéter qu'il n'y a aucun "coup de pouce". Tout le monde est content : Matignon, l'Elysée. Et les petits épargants... sauf que pour eux, les nouvelles règles, fixées hier à la hâte, font qu'on va devoir reparler du taux du Livret A, dès avril prochain. Avec à la clé, une nouvelle baisse en perspective. Sauf "coup de pouce", évidemment. Banques (1) . Des banques françaises assignées dans l'affaire Madoff. Parmi celles-ci figurerait BNP-Paribas, si on en croit le quotidien "La Tribune", de ce matin. En fait, les avocats de clients français floués s'en prennent à leurs banques en tant que dépositaires en France, de comptes menant à des fonds investis chez Madoff. La source, c'est une SICAV, Luxalpha, gérée par la filiale luxembourgeoise d'une banque suisse UBS. C'est, en fait, faute de pouvoir remonter, pour le moment, jusqu'à cette source que les avocats attaquent, aujourd'hui, les banques françaises de leurs clients. Banques (2). Le geste de la BCE pour contrer la crise. La Banque Centrale Européenne a ramené son principal taux directeur à 2%, hier. Son plancher historique. Et Jean-Claude Trichet, son président, n'exclut pas une nouvelle baisse, en mars. Banques (3). Des dividendes "limités", des "bonus" pour les patrons "supprimés" et un effort "accru" demandé pour financer les entreprises qui exportent : Nicolas Sarkozy a fixé, hier, 3 nouvelles conditions aux banques si elles souhaitent recevoir, dans les prochains jours, une aide financière de l'Etat. Une nouvelle enveloppe totale de plus de 10 milliards d'euros. Banques (4). Aux Etats-Unis, le Trésor s'apprête à sauver une nouvelle banque. Tout simplement, la première du pays, Bank of America. Elle aurait besoin de 15 à 20 milliards de dollars.

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