C'est la "une" de BBI, ce mois-ci. BBI, pour Boulogne-Billancourt Information. C'est le magazine municipal de Boulogne-Billancourt, autrement dit. Je n'y habite mais j'y ai des informateurs qui m'ont fait suivre le numéro de janvier. Qui titre: "Standard & Poor's relève la perspective financière de la Ville". L'inauguration d'une Maison du Droit, le travail des associations caritatives de la ville ou l'avancée du projet de réhabilitation de l'île Seguin, sont renvoyés en bas de page. Signe des temps, où la finance et les agences de notation font la une Et où les notes "triple A", AA- ou BB+ nous sont devenues parfaitement familières. Standard & Poor's qui s'immisce, donc, jusque dans la vie des habitants de Boulogne. Et ce n'est pas fini. "Les agences de notations ne font pas la politique de la France" a dit François Fillon, ce week-end. Mais un peu quand même, et il est évident que leurs jugements vont peser sur les derniers jours du mandat de Nicolas Sarkozy. Sur la campagne et les programmes des candidats. Et sur la prochaine Législature. D'ailleurs, il ne faut pas l'oublier: c'est bien à un contrôle continu que nous sommes soumis. Plus que la perte d'un A, vendredi dernier, c'est ce nouvel avertissement de Standard & Poor's qui pèse, désormais: "il existe au moins une chance sur 3 pour que la note de la France soit, à nouveau, abaissée en 2012 ou 2013", affirme l'agence. Elle fait 2 reproches. D'abord, l'Europe ne se soucis pas assez de croissance (trop de rigueur, partout). Ensuite, la France souffre d'un déficit de compétitivité. Depuis 2007, avec la réforme de la Taxe professionnelle, la mise en place du Crédit Impôt-Recherche, ou le lancement des Investissements d'avenir, le gouvernement Fillon a beaucoup'agit, de son point de vue. "Pas assez" répond Standard & Poor's qui pousse pour de nouvelles décisions "structurelles". Le gouvernement reste consentant puisqu'il convoque un "Sommet de crise" (glissement sémantique: on ne parle plus de Sommet social) pour mercredi et promet des mesures pour le fin du mois. Elles iront (on l'a compris-) bien au-delà d'un 3ème plan de rigueur qui se contenterait d'effacer 6 milliards de crédits budgétaires mis en réserve. "Temps de travail" (5ème semaine de congès ou 35 heures) et "TVA sociale" (version "dure", c'est-à-dire, sans augmentation de salaire) en seront, vraisembablement, le coeur.

En baisse, pas en chute libre. La bourse de Tokyo accuse le coup, ce matin, après la dégradation de la France et de 8 autres pays de la zone euro. Tokyo a terminé en baisse, ce matin: un recul 1,43%. "C'est plus fort prévu" note un analyste, mais qui ne croit pas, cela dit, à un "krach" sur les marchés, aujourd'hui et dans les jours qui viennent. Les dégradations de Standard & Poor's étaient largement anticipées, répètent les spécialistes. Ils s'attendent à beaucoup de nervosité mais pas à une "catastrophe". Leurs arguments: la France n'a été dégradée que d'un cran. Et l'Allemagne, elle, n'a pas été touchée.Retour. Dès aujourd'hui, la France retourne sur les marchés: elle doit lever entre 7 et 8 milliards d'euros à court terme. L'opération servira de premier test.

Grèce. En Europe, c'est la Grèce qui inquiète le plus, finalement après l'échec, vendredi, des négociations avec les créanciers du pays. Elles butent, semble-t-il, sur les taux d'intérêt réclamés par les banques pour accepter l'effacement de 50% de la dette grecque.

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