Raymond Soubie, c'est l'un des hommes-clé de la réforme des retraites, dévoilée ce matin. Raymond Soubie, c'est le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales, et c'est lui, qui depuis des mois gère, en coulisse, le dossier. On dit, d'ailleurs, que ce sera sa dernière réforme, auprès du Président de la République, puisqu'il aurait l'intention de quitter l'Elysée, à l'automne prochain, une fois le texte définitivement adopté. Evidemment, il va falloir lire dans les moindres détails ce projet de réforme (mesure par mesure) pour pouvoir dire à quel point, il porte sa marque. Dans cette affaire, Raymond Soubie est présenté comme celui qui calme les ardeurs des plus "réformistes" du gouvernement et de la majorité. Celui qui se bat, notamment, contre Bercy -jusqu'au boutiste- qui agite la sacro-sainte notation de la France (le triple A) pour réclamer un recul à 63 ans de l'âge légal: le seul signal, capable de rassurer les marchés financiers, selon Bercy. Raymond Soubie est, donc, celui qui cherche à ne pas aller trop loin pour ménager les syndicats. La CGT particulièrement: c'est ainsi qu'il faudra lire les chapitres de la réforme consacrés aux fonctionnaires, et aux régimes spéciaux. "Soubie-le-gentil" contre les méchants, François Chérèque relativise: "Soubie n'est pas forcément notre meilleur allié à l'Elysée, affirme le leader de la CFDT. "Sur la pénibilité, par exemple, il est sur une ligne dure. Plus dure qu'Eric Woerth!". De toutes les façons, bien malin celui qui peut décrypter, avec précision, ce que pense Raymond Soubie. Un ministre, récemment confiait: "Il réserve ses avis et ses conseils au seul Président de la République". "C'est une manière, pour lui, de renforcer son pouvoir". Et c'est vrai que s'il est avec, tout le monde (y compris les ministres) comme il est avec les journalistes, on a de quoi rester prudent. Un rendez-vous, dans son bureau de l'Elysée, ressemble aux entretiens, qu'à la fac, on avait avec un vieux professeur d'université. On a le droit à de longs rappels historiques, à quelques formules pleines de sous-entendus et d'ironie. Et on repart avec le sentiment qu'on n'a pas forcément tout compris! Une certitude quand même: le calendrier de la réforme, et sa méthode, sont pleinement assumés par Raymond Soubie: les 2 mois de simples "consultations", tels qu'on vient de les vivre (avec la multiplication des "fuites" dans la presse, et autres "ballons d'essai") et aujourd'hui (à la mi-juin: comme il l'expliquait, à ses visiteurs, au printemps) l'annonce des mesures retenues, avec pour les partenaires sociaux, seulement 2 jours devant eux, pour obtenir d'hypothétiques amendements au texte: c'était son idée. Peut-être, se dit-il, ce matin: "jusqu'ici tout va bien". La réforme des retraites: ce sera, donc, 62 ans. En tout cas, c'est ce qu'affirme "Les Echos", ce matin. Le Président de la République aurait tranché hier soir pour un relèvement de l'âge légal à 62 ans. Ce relèvement ce fera sur un rythme rapide, en revanche, puisqu'il devrait être atteint dès 2018, soit 4 mois supplémentaires, chaque année. L'âge de départ à la retraite "sans décôte", aujourd'hui fixé à 65 ans serait, lui, relevé à 67 ans. Concernant la taxation des hauts revenus, le gouvernement a choisi de relever le taux d'imposition de la dernière tranche de l'impôt sur les revenus. Une contribution qui ne sera pas prise en compte dans le bouclier fiscal. BP toujours dans le collimateur de Barack Obama. Le Président américain, cette nuit, a dénoncé "l'inconscience" de l'entreprise. Il lui demande de créer un Fonds d'indemnisation de la marée noire. Fonds qui pourrait s'élever à 20 milliards de dollars. Hier, l'agence Fitch a dégradé la note de la compagnie pétrolière de 6 crans d'un coup. C'est du jamais vu.

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