"Comment faire des concessions déjà faites?" C'est un parlementaire, qui connaît très bien la SNCF, qui résumait, ainsi, hier soir, l'impasse dans laquelle se trouve la grève des cheminots. "Comment sortir de là, je ne vois pas", commentait encore un autre "proche du dossier", qui comme tous les autres, ou presque, réclame l'anonymat: "à ce stade de la crise, je ne veux pas en rajouter en étant cité" dit-il, révélant la nervosité des uns des autres. Ce qu'ils racontent est pourtant sidérant: c'est l'histoire d'une grève qui n'aurait jamais dû durer, l'histoire d'une réforme, préparée depuis 2 ans, largement "co-écrite avec la CGT" disent-ils, qui devait passer sans heurt. Tout commence, en effet, par une victoire française sur la Commission européenne. Bruxelles, chargé de préparer l'ouverture totale à la concurrence préconise une séparation totale des réseaux et des opérateurs. En France, un front s'organise: Guillaume Pépy, le président de la SNCF, avec le soutien de son homologue allemand de la Deutsche Bahn, défend un modèle inverse: celui d'un système intégré. Comme en Suisse ou au Japon, là où le système ferroviaire est cité en exemple. A Bruxelles, Frédéric Cuvillier, le ministre français des Transport, obtient satisfaction: on va créer un système "à la française". Pas un retour en arrière, avec une seule et unique entreprise, mais un montage à 3 entités, certes un peu compliqué, mais qui a le mérite de "passer" au niveau européen, et de rassembler la famille cheminote, qui n'en pouvait plus de l'opposition RFF/SNCF. Les syndicats acquiescent: le statut juridique retenu n'est pas la Société Anonyme 100% publique, mais bien l'EPIC, l'Etablissement Public. "Au-delà c'est l'administration" commente un élu, qui assure qu'à chaque étape, la CGT cheminot a été consultée, et qu'elle n'a jamais dit "stop". Le statut des cheminots n'est pas touché. Et si des difficultés étaient attendues, c'était plutôt pour la renégociation, à venir, de la Convention collective, pas sur cette réforme. D'ailleurs, son examen au Parlement était réglé: pour obtenir le soutien du Parti Communiste (au minimum, son abstention), il était prévu de réserver les amendements, allant dans le sens des cheminots, au Sénat, et au groupe PC sénatorial. Ces "avancées" prévues pour le Parlement, c'est finalement dès jeudi dernier que le gouvernement a dû les lâcher. Mais, en vain, la grève continue. La mécanique, bien huilée, de cette réforme semble s'être heurtée à une radicalisation d'une partie de la CGT. Un observateur la date des élections europénnes: "le médiocre score du front de Gauche a convaincu les plus radicaux, selon lui, qu'il faut durcir les actions, durcir la mobilisation contre le gouvernement".

Offre. C'est aujourd'hui que Siemens doit présenter son offre de reprise d'Alstom. Et cette offre semble avoir totalement changé de nature: fini "l'Airbus de l'énergie" promis, fini "l'Airbus du ferroviaire": Siemens devrait proposer, aujourd'hui, un simple rachat des turbines à gaz du groupe français. Et renoncerait, selon la presse allemande, ce matin, à lui céder sa branche ferroviaire. Le reste de l'opération serait (si on peut dire) assuré par les japonais Mitsubishi/Hitachi. Ils devraient proposer une entrée au capital d'Alstom, et la création de co-entreprises, notamment pour les turbines à vapeur. L'Etat français prendrait également une part du capital.Demande. Un autre mécano industriel en vue, avec le rapprochement d'Airbus et de Safran, dans le secteur des lanceurs spaciaux. Les PDG des 2 groupes ont rendez-vous à l'Elysée, dans quelques minutes pour en parler. L'opération vise à contrer la concurrence de SpaceX, en fabricant, par exemple, une Ariane 6 plus compétitive.

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