L'argument utilisé par le gouvernement pour justifier le recours au 49.3, c'est qu'il est grand temps de terminer un débat qui s'éternise. "Tout a été discuté, débattu, rebattu, finissons-en!", voilà, grosso-modo, l'idée. Le cabinet d'Emmanuel Macron fait circuler les chiffres, d'ailleurs: son projet de Loi a fait l'objet de 437 heures de débats, au Parlement. 8085 amendements ont été examinés et 2024 ont été adoptés, preuves que les députés et les sénateurs ont pu s'exprimer, et être entendus. Le Socialiste Richard Ferrand, le rapporteur général du texte à l'Assemblée, met en avant, lui aussi, ces chiffres: "tout s'est fait dans les règles" jure-t-il, "à une exception près, toutefois" reconnaît-il ("et non des moindres", peut-on ajouter): les mesures en faveur des TPE et des PME... Elles ont été ajoutées, au tout dernier moment, par le gouvernement: les députés n'ont eu que 2/3 jours, à peine, pour les étudier, et, en raison du 49.3, ils n'en débattront pas en séance publique. En Commission, seul lieu du débat, les députés PS, y compris ceux favorables à la Loi Macron, ont moyennement apprécié. Le rapporteur Ferrand raconte, par exemple, qu'Emmanuel Macron, lui a parlé, il y a 1 mois de la mesure la plus controversée, le plafonnement des indemnités accordées aux prud'hommes, mais il n'était pas question, alors, de l'intégrer à la Loi. En ouvrant les débats, il cache mal, du coup, sa gêne, souligne autant les avantages que les limites de la proposition gouvernementale, puis lâche la phrase qui tue au sujet de l'idée d'alléger les conditions du licenciement pour favoriser l'embauche: "c'est comme si on disait qu'un divorce moins cher favorise les mariages". Benoît Hamon embraye: "je ne crois pas à cette peur d'embaucher des patrons". Emmanuel Macron, étonnement ou tactiquement- acquiesce, mais défend sa mesure: le plafond, le plancher des indemnités aux prud'hommes, c'est de la lisibilté, de la stabilitée en plus pour les patrons et les salariés". La mesure est, finalement, modifiée sur quelques points, non négligeables. On passe au vote, elle est adoptée. Durée totale du débat: 1 heure 33.

FMI. Les inégalités sociales ralentissent la croissance et provoquent des crises! Ce sont des experts du Fonds Monétaire International qui l'écrivent, dans un rapport, publié hier, mais qui n'engage pas, directement, leur institution. Leur constat, c'est que les inégalités sont au plus haut depuis des décennies, notamment dans les pays riches. Ce n'est pas nouveau. Ce qui l'est, c'est qu'ils ont calculé leurs effets. Quand les revenus des plus riches augmentent (de 1%), la croissance, ralentit (de 0,08%). C'est l'inverse quand ce sont les revenus des plus pauvres qui s'accroîssent (la croissance est dopée de 0,4%). Pour ces économistes, les inégalités poussent, également, à l'endettement, à la dérégulation et donc aux crises financières.

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