Est-ce que cette "l'affaire DSK" change la donne, pour sa succession à la tête du FMI, c'est bien toute la question, ce matin, dans les grandes capitales, et, surtout, dans les institutions financières publiques. Ou privées. C'est là, où on trouve les quelques prétendants, ou candidats potentiels... qui, forcément, doivent s'agiter depuis hier: la démission de Dominique Strauss-Khan de son poste de Directeur général du FMI (ou sa révocation par le Conseil d'administration), dans les heures à venir, sont, évidemment, devenues des "hypothèses de travail". Cela dit, un départ imminent de Dominique Strauss-Khan, c'était -avant même cette affaire- un dossier prioritaire: l'annonce de sa candidature à la Présidentielle française, ne faisait plus guère de doute. Et le calendrier était connu, calé sur celui des primaires socialistes. En coulisse, ça s'agitait, donc, déjà beaucoup pour préparer cette succession, à la tête du FMI, l'une des places les plus prestigieuses, pour qui prétend à diriger une grande instance internationale. Une bataille de personnes avait commencé. Une bataille d'influence aussi: les pays émergents revendiquant, pour la première fois, le poste, alors que jusqu'ici il était systèmatiquement accordé à un Européen (et parfois à un Français). C'est comme ça depuis la création des institutions de Bretton Woods (une tradition non-écrite): le FMI est dirigé par à un Européen. La Banque mondiale, par un Américain. Mais voilà, "les beaux discours" sur le partage des pouvoirs, après l'émergence de nouvelles puissances économiques (la Chine, le Brésil, la Russie, l'Inde...) doivent bien, un jour, se transformer en acte. Le G20 a été créé. Et pour beaucoup de pays émergents, la première grande institution "à tomber dans leur escarcelle" (si on peut parler ainsi) doit être le FMI. Depuis quelques semaines, circulent donc les noms d'un Sud-Africain, d'un Singapourien, d'un Turc pour succéder à Dominique Strauss-Khan. DSK, lui-même, en privé, reconnaissait qu'il était peut-être le dernier européen à diriger le FMI. C'est contre cette idée que certaines capitales du Vieux continent se battaient encore, avant ce week-end. Le nom de Christine Lagarde a été lancé, comme un ballon d'essai. Avec une sortie sur fond de scandale sexuel, les Français et les européens auront, peut-être, un peu de mal à défendre leurs intérêts. L'affaire Strauss-Khan fait reculer l'euro. La monnaie européenne s'échange, ce matin, en Asie, autour de 1 euro 40. On était à 1 euro 41, avant le week-end. Il s'agit, à ce stade, d'un simple effet d'ancipation: l'euro baisse parce que tout le monde anticipe sa baisse. Cela dit, ce qui perce, c'est l'inquiètude pour le règlement de la crise dans la zone euro. Dominique Strauss-Khan, au nom du Fonds Monétaire International y est très impliqué. Aujourd'hui, c'est Nemat Shafik, directrice générale déléguée du FMI, qui assistera, à sa place, à la réunion des ministres des Finances de la zone euro, à Bruxelles. L'ordre du jour ne devrait pas être modifié: l'aide au Portugal, à l'Irlande et à la Grèce devrait être évoquée. "Pleinement opérationnel". A Washington, c'est le n°2 du Fonds Monétaire International, l'Américain John Lipsky qui assure officiellement l'intérim, à la tête de l'institution.

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