"De droite ou de gauche, ce n'est pas mon soucis. Même un extraterrestre, un "petit homme vert" me va... pourvu qu'il connaisse, et qu'il aime l'industrie". C'est ansi qu'hier un patron français tentait de définir le profil idéal de son futur interlocuteur, au sein du gouvernement Ayrault. Nous sommes attablés, dans restaurant. Hasard de la vie parisienne, à la table juste derrière, un conseiller de François Hollande déjeune. Tout ce petit monde s'est reconnu, et on devra baisser la voix, par moment, pour parler politique. Notre patron confirme: les contacts ont été nombreux avec l'équipe Hollande pendant la campagne, y compris avec notre voisin de table. Et "plutôt positifs" dit-il. D'ailleurs, pour le portefeuille de l'industrie, ou du gros "ministère de la production" que semble vouloir mettre en place François Hollande, notre industriel aimerait bien retrouver ses interlocuteurs de la campagne: Michel Sapin, Alain Rousset, ou la députée iséroise, Geneviève Fioraso. "Eux ça me va" dit-il. Arnaud Montebourg, "un peu moins". En tout cas, ce patron qui raconte volontiers comment son père avait craint l'arrivée de la gauche en 81, en cherchant toutes les solutions pour protéger son patrimoine, ne semble pas effrayé, aujourd'hui. François Hollande "qui a fait HEC" rappelle-t-il, semble comprendre les besoins des industriels. "S'il n'est pas trop poussé par la gauche de la gauche, ça devrait aller". L'industriel, à la tête d'une entreprise familiale a fait passer les messages, en tout cas, au candidat: il souhaite un bon ministre, donc. Pas de matraquage fiscal évidemment. La priorité faite à l'innovation. Mais surtout, il espère de la stabilité. Stabilité fiscale, sociale. Stabilité des normes et des Lois. Il aimerait, aussi, que la Gauche ne revienne pas sur la TVA sociale de Nicolas Sarkozy. Là, c'est perdu d'avance: François Hollande a promis de l'abroger mais ses émissaires ont promis de réfléchir aux moyens de faire baisser le coût du travail en France. Pourquoi pas en jouant, cette fois-ci, sur la CSG. "Le dossier reviendra dans 2 ans" lui aurait-on dit. En attendant, les conseillers de François Hollande auraient promis de maintenir les 3 milliards d'euros d'allègements de charges qui devaient revenir à l'industrie, avec la TVA sociale. "C'est déjà ça".

Geste. François Hollande et Angela Merkel font un geste pour la Grèce, une petit geste, à ce stade: hier soir à Berlin, les 2 dirigeants ont répété qu'ils ne souhaitent pas voir Athènes quitter la zone euro. Ils se sont dits surtout prêts à étudier "la possibilité de mesures supplémentaires pour la croissance en Grèce". Pour la croissance en Europe cette fois-ci, Hollande et Merkel ont renvoyé les décisions aux prochains Sommets européens à 27.Recul. La situation politique en Grèce fait reculer l'euro, en tout cas: 1 dollar 28. Elle continue, également, à faire chuter le cours de bourse du Crédit Agricole, très impliqué en Grèce, avec sa filiale Emporiki: -7%. L'action ne vaut plus que 3 euros.Véolia. Les réglements de compte chez Véolia Environnement: suite. L'ancien patron de Sanofi, Jean-François Dehecq, débarqué du Conseil d'administration de Véolia dénonce, dans une interview au Monde, la "vision comptable à court terme" du PDG Antoine Frérot.

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