Contre quoi vont défiler les manifestants de jeudi prochain, nouvelle journée nationale de mobilisation, à l'appel de tous les syndicats ? Si on résume (rapidemment) la pensée de François Chérèque, ça pourrait être, tout simplement, contre le fameux "bouclier fiscal", ce dispositif qui plafonne les impôts des plus français des plus riches. Le leader de la CFDT insiste beaucoup sur ce bouclier : le supprimer, ou en tout cas, le "suspendre" le temps de la crise permettrait de trouver des centaines de millions d'euros pour financer une partie du Fonds d'Investissement Social, obtenu du gouvernement, après la première journée de grève du 29 janvier. Surtout, mettre à bas ce bouclier, enverrait un signal à l'opinion, pour dire qu'il n'y a pas que les plus modestes qui paient -cash !- cette crise ! Dans la majorité UMP, ce discours commence - un peu - à prendre. Des élus, ceux traditionellement inquiets de la dérive des comptes publics, travaillent à des mesures proches de celle proposée par les syndicats. Sur France Inter hier, Gérard Larcher, le président du Sénat, s'est dit prêt à y réfléchir. Et à l'Assemblée nationale, c'est Pierre Mehaignerie qui va le plus loin : le député UMP d'Ile-et-Vilaine propose d'instaurer une "contribution exceptionnelle" (un impôt nouveau) pour ceux qui gagnent, par exemple, plus de 300 000 euros par an. Pendant cette crise, "la solidarité des hauts revenus doit jouer" explique-t-il, jusqu'ici sans échos du côté du gouvernement, pour qui ce "bouclier" reste une des mesures symbole du début du mandat de Nicolas Sarkozy, et qui reste, donc, intouchable. Dès mercredi, des députés UMP déposeront, malgré ça, un amendement pour cabosser, une première fois, le fameux bouclier. Les Américains ont sauvé la Société générale ! On a appris ça, cette nuit, grâce à AIG, cette société d'assurance américaine qui a dû être sauvée de la faillite déjà par 3 fois, par le gouvernement américain, depuis le début de la crise. AIG hier, par souci de transparence, dit-elle, a publié la liste des banques et des institutions qui sont liées financièrement à elle : celles, donc, qui auraient eu de "gros soucis" si AIG avait sombré. Dans le trio de tête, (c'est une demi-surprise) on trouve la Société générale ! La banque française était liée à AIG pour presque 12 milliards de dollars. Autrement dit : une faillite de l'assureur américain aurait, sans doute, emporté la Société Générale. Merci donc aux Américains. Dans la liste, on trouve encore (mais pour des sommes bien moindres), BNP-Paribas et Calyon, la banque d'affaire du Crédit agricole. La fin de la crise ? "C'est pour le début 2010" assure Ben Bernanke. Pour le patron de la FED, la Réserve fédérale américaine, le risque d'une "Grande dépression type 1929" a été évité.

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