Vous connaissez, évidemment, le dicton populaire "qui paie ses dettes, s'enrichit". Le gouvernement en invente un nouveau, ce matin: "qui s'endette, fait des économies!". C'est ce qui saute aux yeux, à la lecture du Collectif budgétaire que présente Eric Woerth, en Conseil des ministres, qui se tient exceptionnellement, ce lundi matin. Un Collectif budgétaire, c'est une Loi de finances rectificative. Elle permet d'ajuster les dépenses et les déficits, avant la fin de l'année en cours. Elle permet, aussi, de faire passer d'ultimes mesures fiscales. Mais pour ce Collectif surtout, Eric Woerth est très fier de nous annoncer quelque chose qui n'est "jamais arrivé" selon lui: les dépenses de l'Etat, cette année, vont être finalement un peu moins élevées que prévu. Moins élevées que les enveloppes initialement votées par le Parlement. 2 milliards d'euros économisés, au total, sur les dépenses ordinaires, c'est-à-dire "hors plan de relance". Mieux que ça encore "c'est une première historique" insiste (décidément!) Eric Woerth: les dépenses 2009 seront, finalement, inférieures à celles de 2008 (en valeur, et plus seulement en volume). Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que cette "bonne surprise", le gouvernement la doit essentiellement à la baisse des taux d'intérêt. Une baisse qui allège mécaniquement la charge de la dette de la France. Fin septembre, là où on s'attendait à des frais financiers autour de 44 milliards, la facture s'est limitée à 38. Seulement! Et ce, alors même qu'on emprunte beaucoup plus sur les marchés financiers! Ce tour de "passe-passe" n'en est pas un: il s'explique simplement. La France fait, d'une certaine façon, comme ces particuliers qui renégocient leurs emprunts immobiliers: elle transforme des prêts à long terme (à taux d'intérêts élevés) en prêt à court terme, aux taux aujourd'hui extrêmement bas. La dette française est, donc, aujourd'hui, beaucoup plus à court-terme qu'elle ne l'était hier. Ca fait du bien au budget, mais ça nous fait courrir un risque: quand les taux d'intérêt vont remonter, la dette publique française, elle, va exploser! Après la France et l'Europe, c'est le Japon qui confirme sa sortie de récession. Le chiffre est publié, ce matin. La croissance japonaise a fait un "bond" de 1,2% au 3ème trimestre de cette année (rappel: en France, c'est +0,3%). Au Japon, c'est la plus forte croissance enregistrée en 2 ans et demi. Elle est due, en grande partie, au rebond des exportations et, notamment, des ventes de voitures japonaises "boostées" par les différents plans de relance, mis en place. Un monde moins électrique... Pour la première fois depuis la Seconde guerre, la consommation mondiale d'électricité va reculer, cette année. La faute d'abord, aux industriels selon un rapport, rendu public ce matin. En France, le recul est de 2,6% depuis le début de l'année. Vers une modeste augmentation du SMIC. +0,35% au 1er janvier prochain. Sauf improbable "coup de pouce" du gouvernement, ça fera 4 euros 50 (bruts) de plus pour les smicards. C'est le journal Les Echos qui fait le calcul, ce matin.

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