"L'Europe chabada", parce que c'est, peut-être, sur les planches de Deauville, le mois dernier, qu'a débuté le nouvel accès de fièvre de la zone euro que nous vivons depuis quelques jours. Ce soir, et demain à Bruxelles, les ministres européens des finances vont tenter d'y mettre fin. La presse anglosaxone, ce matin, est convaincue que cette rencontre va déboucher, non seulement sur le déblocage d'une aide à Irlande, ou en tout cas, aux banques irlandaises en très mauvaise posture, mais aussi sur le déblocage d'une aide au Portugal, rattrapé, lui aussi, par la crise. Hier, de passage à Paris, le grec George Papandréou (autre "grand brûlé" sur les marchés financiers) a tenté une explication: "c'est l'Allemagne qui a déclenché cette nouvelle crise. C'est l'Allemagne qui met l'Irlande et le Portugal dans cette situation délicate". Il faut, donc, à ce stade du récit, opérer un flash-back. Retourner à la mi-octobre, à Deauville, où un homme et une femme, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, trouvaient, à l'occasion d'un Sommet franco-allemand, un compromis sur l'avenir du Fonds Européen de Stabilisation Financière, cette "cagnotte" mise en place au plus fort de la crise grecque, et qui doit servir à secourir les pays en difficulté. La chancelière allemande, très réticente, accepte, à cette occasion, de prolonger le système, au delà de 2013, mais insiste pour qu'à l'avenir, en cas d'activation de l'aide européenne, les investisseurs privés (c'est-à-dire, les banques) soient mis à contribution. Pour Angela Merkel, c'est très clair: le contribuable (a fortiori, s'il est allemand) ne doit plus être le seul à payer! Mais voilà, un flou subsiste dans le communiqué final du Sommet de Deauville, et dans celui du Conseil européen qui suivra (validant le compromis franco-allemand): on ne sait pas si cette exigence s'appliquera, sur le stock de dette existant, ou seulement à partir de 2013. Conséquence: dans le doute, les investisseurs vendent les titres des pays à risque (irlandais, portugais, grecs ou espagnols), font grimper les taux d'intérêt, et poussent les "maillons de l'Europe" vers la faillite. Vendredi dernier, depuis Séoul, les dirigeants européens ont corrigé le tir en précisant leurs intentions ("rien avant 2013" ont-il dit), la tension est légèrement retombé sur les marchés, mais le mal est fait. L'Irlande, qui n'en veut pas et qui répète qu'elle n'en a pas besoin, va devoir accepter l'aide de l'Europe. Et ses conditions. Rien de très "chabada", finalement. Les tarifs des TGV augmentent très grande vitesse! C'est la conclusion d'un rapport resté confidentiel jusqu'ici, mais que révèle Les Echos, ce matin: depuis 2002, le prix moyen du TGV a augmenté 2 fois plus vite que l'inflation. Sur une période de 7 ans, le prix moyen du kilomètre, parcouru en TGV, a bondi de plus de 26%, selon ce rapport. Entre 2002 et 2009, le prix moyen d'un billet de train est passé de 38 à 45 euros. La SNCF conteste cette façon de voir les choses. Cette hausse cache, selon elle, les achats plus nombreux de billets de première classe, par des clients professionels. Ils paient plus cher que les autres, et, mécaniquement, toujours selon la SNCF, font grimper le prix moyen du billet. Total... allemand? La Deutsche Bank, premier actionnaire du pétrolier français Total. Elle a passé, hier, le seuil officiel des 5% du capital, et pourrait même grimper jusqu'à plus de 9%. Sans doute, agit-elle, pour le compte, de certains de ses clients. Jusqu'ici en tout cas, le premier actionnaire de Total était le milliardaire belge, Albert Frère.

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[L'excellent blog de Jean Quatremer](http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/11/restructuration-des-dettes-publiques-les-europ%C3%A9ens-calment-la-panique-des-march%C3%A9s.html#more "brbr /

Il explique très bien toute cette histoire...")

Il explique très bien toute cette histoire...

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