Comme dans les films d'horreur, elle revient. Plus déterminée que jamais. Plus inquiètante que la première fois. Plus méchante, peut-être. A moins qu'on n'ait rien compris: en fait cette fois-ci, elle revient nous sauver! Elle, c'est la TVA sociale. Souvenez-vous (pas l'été dernier, mais 2007): la Droite en parlait déjà. Mais, juste avant les Législatives de juin 2007 (et après l'élection de Nicolas Sarkozy), l'idée avait effrayé les électeurs. A l'UMP, on considère que cette TVA sociale a couté à la majorité une bonne cinquantaine de sièges, à l'Assemblée nationale. Depuis donc, plus personne n'en parlait ou presque.Les choses changent puisque qu'hier, à Bordeaux, Nicolas Sarkozy l'a confirmé: la TVA sociale fera partie du débat électoral, l'année prochaine. Alors ce stade on ne parle pas "programme", le Président s'est contenté d'annoncer la création d'un haut-Conseil au financement de la protection sociale. Les partenaires sociaux y seront associés. Ce haut-Conseil (un de plus...) devra faire des propositions pour réduire le poids, en France, de la taxation sur le travail. Dans son discours, Nicolas Sarkozy s'est, du coup, demandé quel impôt, en échange, il faudra augmenter. C'est nouveau: le président-qui-n'a-pas-été-élu-pour augmenter-les-impôt ne fera pas de second mandat, c'est une première information. Ensuite, et faussement interrogatif, Nicolas Sarkozy s'est demandé si les importations doivent contribuer au financement de notre modèle social. La TVA sociale est remise sur les rails. Son principe est connu: on réduit les cotisations pesant sur les salaires. Mécaniquement, ils augmentent. Mais parralèlement, on relève le taux de TVA. Le risque évident, c'est que la manipulation ne soit pas un jeu à somme nulle: nous pourrions, tous, y perdre un peu -ou beaucoup!- de pouvoir d'achat. C'est là toute la difficulté politique de cette idée qui, sur le papier, est séduisante. Le Medef, hier, s'est dit favorable au principe. D'autres à Droite ou au Centre défendent, également, le projet. A gauche, on ne trouve plus que Manuel Vals pour lui trouver un intérêt, alors que l'idée a, un temps, séduit. Le débat sur la TVA sociale reprend presque exactement là où on l'avait laissé, il y a 5 ans.

Le CAC 40 supprime des emplois. Hier, c'était PSA Peugeot-Citroën (presque 7 mille postes supprimés) et la Société Générale ("des centaines" de suppressions dans sa branche d'investissement et de financement). Aujourd'hui, c'est BNP Paribas qui doit détailler, en Comité Central d'Entreprise, son plan de réduction de ses effectifs. Hors CAC 40, ce n'est pas mieux: l'Américain Honeywell, hier, a confirmé son intention de fermer son usine du Calvados (325 personnes "sur le carreau"). Aujourd'hui, on attend la décision du tribunal de commerce de Paris concernant SeaFrance."Il n'y aura pas de 3ème plan" de rigueur... avant la Présidentielle. C'est la promesse de François Baroin, ce matin. Dans les Echos. Il affirme que le gouvernement s'est donné les marges budgétaires suffisantes pour tenir ses engagements de réduction de déficit. Même si la croissance tombait à 0,5% l'année prochaine, "nous pourrions faire face", dit François Baroin.Le "spread". Comme le Président... comme le Premier ministre, on le regarde chaque matin. L'écart des taux d'intérêt allemand et français a atteint un nouveau record, hier. Parce que l'Allemagne rassure et la France inquiète... Paris emprunte désormais 2 fois plus cher que Berlin.

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