L'affaire a agité le petit monde des économistes français, ces dernières semaines. La structure publique en cause, le Conseil d'Analyse Economique, est quasiment inconnu du grand public, mais en être membre donne une certaine fierté, un certain prestige aux heureux élus. En tout cas, la fonction est bénévole, "ce n'est pas les mille euros payés pour la remise d'un rapport qui me motivait" explique, aujourd'hui, un membre qui vient d'être éconduit, et qui ne le vit pas franchement bien. Le Conseil d'Analyse Economique a été créée par Lionel Jospin, alors Premier ministre, en 1997. Il s'agit d'une instance chargée de conseiller le gouvernement sur les questions économiques. C'est tout simple, le Premier ministre le saisi sur une question précise, le Conseil travaille, réfléchit, et rend un rapport. Le Premier ministre, surtout, peut assiter aux réunions, et se servir du "C.A.E.", comme on dit, de lieu d'échange avec les économistes membres, d'autant qu'on y trouve, normalement, toutes les sensibilités. Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin s'en sont servi comme tel. Dominique de Villepin et François Fillon l'ont splendidement ignoré, semble-t-il. A son arrivée, Jean-Marc Ayrault a, lui, souhaité redonner du souffle au Conseil d'Analyse Economique. Il a placé l'économiste Agnés Bénassy-Quéré à sa tête. Elle le promet, elle va changer les méthodes de travail. Fini les "gros" rapports, plus d'une centaine ont été écrits depuis 97, "tous les sujets ont été traités". A l'avenir, le Conseil va rédiger des notes plus courtes, plus ciblées. Mais, ce qui a beaucoup agité le "milieu", c'est le remaniement en profondeur du Conseil. Sa composition a été révélée, cette semaine, et l'engagement a été tenu. L'équipe est resserrée: on passe d'une trentaine, à 15 membres permanents. Le renouvellement est profond: tous les "historiques" sont débarqués (Elie et Daniel Cohen, Jean-Hervé Lorenzi, Jean Pisani-Ferry...). Certains l'ont très mal pris. "C'était nécessaire", se justifie Agnés Benassy-Quéré. L'équilibre politique, en tout cas, est maintenu. La parité H/F, non mais le soucis est là. Mais plus fondamentalement, un membre éconduit décrypte: "il y a surtout eu un effet "Indide Job". Ce film américain qui a dénoncé les liens entre les économistes, les dirigeants et le milieu des affaires, des banques. Il a secoué, aussi, le milieu des économistes français et la composition du Conseil d'Analyse Economique, traduirait, au final, une volonté de "nettoyer un peu de tout ça" (c'est une citation). Agnés Bénassy-Quéré réfute cette idée: "je n'ai pas aimé ce film" se justifie-t-elle, "même s'il pointe une question de fond". En tout cas, les nouveaux membres du Conseil vont devoir signer une "déclaration d'intérêts" désormais, pour être totalement transparents sur leur lien avec le secteur privé. Une charte déontologique du C.A.E. est en cours de rédaction.

Vaisselle cassée. L'Union européenne a décidé d'augmenter, à partir d'aujourd'hui, ses droits de douanes sur les importations de vaisselle chinoise en céramique, des hausses de 17 à presque 60% selon les cas. Bruxelles, saisi par les producteurs européens, reconnaît le "dumping" chinois sur ce créneau. La décision de Bruxelles a été saluée, hier soir, par le Ministère français du Redressement Productif, au nom de la défense du savoir-faire et de l'emploi.Moins cher? Le projet de Loi "contre la vie chère en outre-mer", adopté, hier soir, définitivemernt par le Parlement. A noter: la Gauche a voté pour, comme le Centre, et l'UMP s'est abstenu dans une "opposition constructive" dit-elle. Bref, le texte fait presque l'unanimité. Il vise à faire de baisser les prix, dans l'alimentation et jusqu'à la téléphonie. Des prix dans les DOM, 30 à 50% plus chers qu'en métropole.

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