A la bourse (comme ailleurs), ça s'appelle "doucher les attentes": Nokia, le leader mondial des téléphones mobiles, a annoncé hier une perte trimestrielle de plus de 500 millions d'euros. Une perte historique, la première depuis 10 ans pour l'entreprise finlandaise. Conséquence: la bourse a massacré le titre Nokia, hier: -11% en une séance. C'est moche mais ça s'explique: les investisseurs anticipaient, de leur côté, un résultat exactement inverse (un bénéfice de l'ordre de 300 millions pour le 3ème trimestre 2009), ils ont donc été franchement déçus (douchés...) et l'ont fait savoir en vendant massivement leurs actions Nokia. Cela dit, au delà de la déception d'hier, le marché commence a vraiment s'inquièter pour Nokia. Le fabricant de téléphone mobiles se vantait, avant la crise, de vendre 1 million de téléphones par jour! Il est présent partout dans le monde, et sur tous les types d'appareils: du plus simple (celui, par exemple, qu'on distribue aux journalistes de France Inter. Pardon pour cette une blague-"maison"), au plus luxueux (un appareil "Vertu", avec or et diamant, est vendu plusieurs dizaines de milliers d'euros (on n'en demande pas tant!). Aujourd'hui, la crise est passée par là: ses ventes de portables ont nettement baissé. Sa filiale, dans les réseaux téléphoniques, souffre également beaucoup... mais son problème, -structurel, celui-là- c'est son retard dans ce qu'on appelle les smartphones, ces téléphones qui permettent tout, et notamment de se connecter à Internet: c'est le secteur "porteur" aujourd'hui: en forte croissance, là où ailleurs, les ventes déclinent. C'est aussi un créneau extrêment rentable. Alors, Nokia reste leader dans les smartphones, mais sa part de marché recule à vu d'oeil, bouculé par les Blackberry (qui ont quitté la sphère professionnelle pour le grand public) et, évidemment, par l'iphone d'Apple. Nokia a raté le virage des écrans tactiles. Son modèle, aujourd'hui, N97, rame pour rattraper ses concurrents. Le marché, les spécialistes, lui conseillent, maintenant, de réagir très vite, en proposant de nouveaux modèles pour reprendre la main. Une seule solution, donc pour Nokia: innover. Encore innover! Pas question de toucher au bouclier fiscal! C'est dans l'interview accordée, ce matin, au Figaro que Nicolas Sakozy le redit: il n'acceptera aucune modification de son dispositif fiscal qui plafonne à 50% des revenus le maximum des impôts et taxes que peut payer, par an, un contribuable. "Si on introduit une seule exception", explique le Président, comme la CSG (c'est l'idée de plusieurs parlementaires de sa majorité), "ce n'est plus un bouclier". Dans ce long entretien, Nicolas Sarkozy redit qu'il n'augmentera pas les impôts. Il donne, également, quelques priorités pour le grand emprunt: universités, PME, énergies renouvelables, avion du futur et recherche sur la dégénérescence des cellules. Enfin... et alors que ce vendredi est une journée de mobilisation des agriculteurs à travers toute la France.. Nicolas Sarkozy promet des "initiatives fortes" (c'est son expression) en faveur du secteur agricole, avant la fin du mois. Faire payer aux banques une partie de la "dette de crise". C'est l'idée d'un amendement au Budget 2010, adopté en Commission des Finances de l'Assemblée nationale. C'est le Socialiste Didier Migaud qui l'a proposé. Et des élus UMP l'ont voté. Il propose une surtaxation de 10% du bénéfices des établissements bancaires. L'amendement sera discuté, la semaine prochaine, en séance plénière.

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