"Je vous fais une proposition, Monsieur le ministre... embauchez-moi comme comme coach fiscal. Avec moi, l'année dernière, vous n'auriez eu la révolte des pigeons. Et, cette année, vous auriez évité l'affaire de la taxe l'Excédent Brut d'Exploitation!". C'est Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances à l'Assemblée, qui a lancé, hier, à l'adresse du ministre Bernard Cazeneuve, cette boutade. Faussement attristé, le député UMP avait plaint, quelques instants plus tôt, le gouvernement et son "chemin de croix fiscal et budgétaire" depuis la rentrée. Il parlera, plus tard, de "happening fiscal permanent". Le débat budgétaire venait à peine de commencer, à l'Assemblée. Juste avant lui, les ministres Moscovici et Cazeneuve s'étaient longuement expliquer sur leur projet de Budget, Bernard Cazeneuve avait dénoncé le "poujadisme fiscal" ambiant. Après eux, le rapporteur général, le Socialiste Christian Eckert, avait, à son tour, défendu ce "bon budget" (il "réduit les déficits", "préserve notre modèle social", "rétablit la progressivité de l'impôt, "soutient le made in France" et se "préoccupe de l'environnement"). Venait, donc, le tour de Gilles Carrez. Très en verve, il distribue quelques bons points (la trajectoire des déficits, les efforts pour contenir les dépenses, la prévision de croissance "raisonnable") mais c'est pour mieux pilonner les choix de la Gauche au pouvoir. Sur le thème du ras-le-bol fiscal évidemment. "Vous allez encore matraquer les ménages, l'année prochaine: 12 milliards d'impôts en plus. Contre 9, cette année". Gilles Carrez se tourne vers le ministre: "j'ai entendu votre belle tirade sur les vertus de l'impôt, gardez votre éloquence pour expliquer, à ces millions de ménages modestes, et ceux de la classe moyenne, pourquoi leurs impôts explosent encore". Pour l'élu UMP, "aux mêmes causes, les mêmes effets, "2014 comme 2013", "trop d'impôt tue l'impôt". "Je n'ai jamais vu ça, poursuit-il, pendant mes 10 ans comme rapporteur du Budget. Cette année, l'impôt sur le revenu rapportera moins que les prévisions intiales. 2,6 milliards de perdu. Même chose pour la TVA (5,6 milliards). "Les contribuables évitent l'impôt" explique-t-il. Soit passivement (en limitant leurs investissements, leurs activités) soit activement en quittant le pays. Gilles Carrez parle de "délocalisations massives", secouant les rangs de la Gauche. Le réquisitoire est impitoyable, mais donne bien le ton du débat à suivre.

Irlande. L'Irlande devrait bientôt se passer de l'aide européenne. A Dublin, le gouvernement a dévoilé, hier, son projet de budget pour l'année prochaine... 2014, qui devrait marquer le retour du pays sur les marchés financiers. Après 3 ans d'assistance financière de l'Europe et du FMI, l'Irlande va, donc, retrouver sa "souveraineté budgétaire et économique". Le budget présenté hier, cela dit, est encore marqué par l'austérité: hausse des taxes sur l'alcool, le tabac et les banques. Le taux d'imposition des entreprises, en Irlande reste, en revanche, au plus bas, à 12,5%.Portugal. Au Portugal, autre pays sous assistance financière, le gouvernement adopte d'ailleurs, la même recette. Dans son budget 2014, marqué par de nouvelles et importantes coupes dans ses dépenses sociales, il s'apprête à baisser le taux de son impôt sur les sociétés, pour améliorer sa compétitivité et relancer les investissements.Italie. En Italie, là encore pour profiter de la reprise, le gouvernement annonce une baisse des charges et un crédit d'impôt pour les entreprises.

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