La journée d'hier, à la bourse, a, au moins, eu cette vertu: elle permet de voir où sont, quelles sont les valeurs refuges. Partout dans le monde hier -et c'est encore le cas, ce matin, en Asie-, les places boursières ont plongé, mais, parallèlement et mécaniquement, l'argent retiré est allé se loger sur les produits, les marchés les plus sûs: les obligations d'entreprises, l'or évidemment (traditionnelle valeur refuge) mais aussi la dette des pays considérés comme les plus solides. On a acheté, hier, des bons du Trésor américains, de la dette allemande, mais aussi -et c'est là qu'on peut rassurer- de la dette française. Pour le coup, on a retrouvé la fracture de ces dernières années: les investisseurs ont fuit ceux qu'on appelle "les périphériques": la Grèce (qui teste sa sortie des plans d'aide du FMI et de l'Europe), l'Espagne et le Portugal. Ce sont les conséquences. Mais la cause de cette très mauvaise journée à la bourse, hier, c'est ce qu'un spécialiste (de la chose) a qualifié de "torrents de déception", une série de très mauvais indicateurs, aux Etats-Unis: ventes de détails en recul, activité industrielle à la baisse, gonflement des stocks. L'économie américaine semble se caler sur une trajectoire de croissance plus modeste que prévu alors que beaucoup d'espoirs se portaient sur elle, pour soutenir l'activité mondiale. Mais, fondamentalement, c'est l'Europe qui inquiète le plus, surtout depuis que l'Allemagne montre des signes significatifs de faiblesse. Et que l'inflation, en zone euro, continue à s'approcher de zéro. C'est le fameux scénario "à la japonaise", une plongée en déflation, ce cycle infernal de baisse des prix, de tous les actifs, des salaires. Le FMI, récemment, dans ses prévisions de croissance, n'a pas exclu une telle hypothèse. Une économiste confirme pour s'en inquièter: "la déflation, en Europe, on y va tout doucement, mais sûrement". Elle explique: "la crise financière de 2008 était déflationniste mais les choix politiques qui ont suivi, en Europe, l'ont été tout autant. L'austérité, la quête d'une meilleure compétitivité ont accélèré la pression sur les prix, et affaiblit la demande. Les Etats-Unis, dans leur gestion de la crise, ont été bien meilleurs.

Dehors. Plus de 2 millions de Français vivent à l'étranger. Et c'est un chiffre en nette augmentation: +35% en 10 ans. Les destinations privilégiées: la Suisse, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et l'Allemagne, selon un rapport parlementaire, publié hier. Une Commission d'enquête, dans laquelle Droite et Gauche se sont affrontés. Pour la Droite, les départs de ces dernières années sont d'abord motivés par le "raz-le-bol fiscal", et il ne se limite plus aux très grandes fortunes. Pour Yann Galut, le rapporteur socialiste du texte, "il n'y a pas de fuite de cerveaux", c'est plutôt le résultat d'une tendance lourde: la France, en retard jusqu'ici dans ce domaine, est rattrappée par la mondialisation. Mais le taux français d'expatriation reste encore très en-dessous des taux allemand ou britannique.

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