Deux grandes banques -historiques, emblématiques- ont été rayées de la carte de Wall Street, hier. Merril Lynch, rachetée par Bank of America et, surtout, Lehman Brothers, placée en dépôt de bilan. Après la Bear Stearns en mars, Fannie et Freddie la semaine dernière, cette fois-ci, les autorités américaines ont choisi de "laisser faire le marché". Elles ne sont pas intervenues, en faisant ce pari : le système financier va absorber sans trop de remous ce choc. 2 hommes ont pris cette décision. Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor : il a fait toute sa carrière, précisément, dans une grande banque d'affaires de Wall Street, la Goldman Sachs. L'autre homme, c'est Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale. Lui, c'est un ancien universitaire, qui a beaucoup travaillé sur les "causes et les conséquences" de la crise de 29 ! On peut se rassurer, au moins, de cette façon-là : ils connaissent bien leur affaire. Alors pourquoi ont-ils décidé que l'Etat américain, cette fois-ci, ne sauverait pas une banque en difficulté ? Question de morale, avance-t-on : ceux qui ont fauté doivent payer et le marché doit le comprendre. Question de calendrier, aussi... calendrier électoral : aucun des 2 candidats à la Maison Blanche ne voit d'un bon oeil, une nouvelle ponction dans le portefeuille des ménages américains. Peut-être et surtout une question d'argent : l'Etat américain, après avoir sorti 200 milliards pour Fannie et Freddie, n'a plus forcément les ressources nécessaires. Lui aussi (et c'est même comme ça qu'il vit, d'ailleurs!) fait appel aux investisseurs étrangers pour se financer : il doit donc rester -comme les grandes banques de Wall Street- un emprunteur crédible. Et, donc, solvable. Le choc Lehman Brothers, suite. C'est logiquement l'Asie qui, ce matin, est secouée. D'autant plus que les plus importantes places boursières étaient fermées hier. A Tokyo, Hong Kong, Shanghaï et Séoul, ce matin, les reculs varient entre 3 et 6% (à mi-séance), comme les bourses européennes hier. Le Dow Jones a chuté, lui, de plus de 4%. A Wall Street, c'est AIG qui inquiète, désormais : l'ancien premier groupe d'assurance du monde a perdu presque 2 tiers de sa valeur, en une seule séance, ce lundi. Aujourd'hui, la Réserve fédérale se réunit. Certains espèrent une nouvelle baisse des taux d'intérêt, aux Etats-Unis, pour soutenir la croissance. En France, les banques affirment qu'elles ont les reins assez solides pour résister à la faillite de Lehman Brothers. "L'impact sera limité" affirme également la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. HP dégraisse. Le premier vendeur d'ordinateurs au monde va supprimer près de 25 mille emplois. La moitié aux Etats-Unis. C'est presque 8% de ses effectifs mondiaux. La "prime transport" se précise. Le gouvernement dévoile, ce matin, ses intentions. Comme prévu, il va rendre obligatoire partout en France, le remboursement par les employeurs, de la moitié des abonnements à un transport collectif... genre TER. En revanche, l'aide de 200 euros pour ceux qui n'ont le choix que de prendre leur voiture, cette aide sera accordée, selon le "bon vouloir" de l'entreprise.

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