Faut-il vraiment croire Christine Lagarde, quand elle affirme (comme hier, dans le Figaro): "Non, je ne me sens pas prête à relever le défi de Matignon". Pas prête à devenir Premier ministre. Pas prête à remplacer François Fillon. Evidemment, prendre cette déclaration au tout premier degré, c'est courrir un vrai risque. En politique (comme en économie d'ailleurs), les vérités d'un jour ne sont pas forcément celles du lendemain. Dans un mois, nommée à Matignon, elle pourra toujours dire qu'"on ne peut pas constester la volonté du Président de la République", que "l'appel à servir son pays a été plus fort que ces réticences du mois de septembre". D'ailleurs, si on lit bien, elle affirme "qu'elle ne se sent pas prête". Ce qui ne pas veut dire que, dans un mois, elle n'aura pas terminé sa préparation. Autre interprétation (bien plus tordue): cette déclaration d'hier, en fait, c'est exactement l'inverse de ce qu'on croit: c'est un acte de candidature! Christine Lagarde chercherait à pousser au maximum son avantage pour obtenir Matignon. Elle "surjoue" la modestie, "surjoue" son côté bonne camarade (qui ne cherche pas à prendre la place d'un autre), elle surjoue, enfin, son côté "meilleure élève de la classe" qui tient à mener jusqu'au bout ses dossiers. Des qualités qui, dit-on, plaisent à Nicolas Sarkozy, et qui l'ont sauvé alors que ces débuts à Bercy étaient plutôt jugés sévèrement, à l'Elysée. Reste une dernière hypothèse, pour tenter de décrypter les propos de la ministre, hier: Christine Lagarde sait qu'elle ne sera pas appelée à Matignon. Elle est, donc, (déjà!) passé à autre chose. Et ce "autre chose" pourrait être la volonté d'assoir un peu plus son pouvoir, à Bercy. Bien-sûr (et ça elle le dit publiquement et le répète) elle veut "finir le travail" au G20, dont la France s'apprête à prendre la présidence. Mais, récupérer le budget, aujourd'hui entre les mains de François Baroin, pourrait être, également, l'un de ses objectifs. Son interview d'hier, au Figaro, d'ailleurs, doit être interprétée comme une réplique à celle accordée, la semaine dernière, par François Baroin aux Echos. Christine Lagarde n'a pas aimé que son collègue tire toute la couverture à lui sur ce dossier, d'où la double-page d'hier, dans le FigEco et cette façon, subliminale, de faire passer ce message: "le budget, je peux m'en occuper... tout seule"! Plus cher. Le patron de France Telecom, le confirme, ce matin, dans une interview accordée au Figaro: Orange va répercuter, sur le tarif de sa "box" (internet, télé, téléphone), l'augmentation de la TVA décidée par le gouvernement. "On ne peut pas faire un cadeau de cette importance" affirme Stéphane Richard, qui dénonce (lui, l'ancien de Bercy) un "coup de massue fiscal". Free devrait, également, en faire autant. On prête à son patron l'intention de continuer d'afficher le prix à 29 euros 99, mais d'ajouter 3 euros à la facture, avec cette mention, bien lisible: "Taxe Baroin-Sarkozy". La Sécu, aussi. Les assurés sociaux, à nouveau, appelés à payer un peu pluss pour accéder aux soins médicaux et aux médicaments. Les Echos dévoile, ce matin, le nouveau Plan d'économies que prépare le gouvernement pour la Sécu. Plus de 2 milliards et demi d'euros d'économies, au total, avec (entre autres) une nouvelle vague de déremboursement de médicaments.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.