Thierry Mandon a trouvé François Hollande "très bon", hier soir. Ce n'est pas une surprise: Thierry Mandon est socialiste. Député. Porte-parole du groupe PS, à l'Assemblée Nationale. Si on a avait voulu entendre quelqu'un dire du mal de la prestation télévisée, hier soir, du Président de la République... ce n'est clairement pas lui qu'il fallait appeler. Sauf que Thierry Mandon, et c'était tout l'intérêt d'aller recueillir sa réaction, c'est lui qui, il y a quelques semaines, avait mis les pieds dans le plat en réclamant, publiquement, de revenir sur "fiscalisation" des heures supplémentaires. Autrement dit l'abrogation d'une des mesures-phare du quinquennat Sarkozy, décidée dès l'arrivée des Socialistes au pouvoir, l'année dernière. Le député avait parlé alors "d'effet pervers" de cette mesure, provoquant un "tollé" presque général, dans son propre camp, avant que ces collègues députés comprennent que Thierry Mandon avait parlé... en s'assurant du soutien de François Hollande, lui-même! Le Président en a convenu, hier soir: "on m'en parle beaucoup des heures supplémentaires..." a-t-il dit à Claire Chazal, qui lui demandait s'il regrettait sa décision. François Hollande n'a pas répondu, directement, à la question mais le Chef de l'Etat l'a implicement reconnu en expliquant comment la décote qui va être appliquée sur l'impôt sur le revenu l'année prochaine, entend consoler précisément ces Français, qui grâce à Sarkozy et aux heures supplémentaires défiscalisées, ont vu leurs salaires augmenter, et leurs impôts diminuer, et qui, avec Hollande, ont vécu l'expérience exactement inverse. La décote, a expliqué François Hollande sans entrer dans les détails (ce que je me garderai bien de faire également) devrait, l'année prochaine donc, rendre à nouveau, "non-imposables" ceux qui ont été rattrapés par le gel du barême et par la refiscalisation des heures supplémentaires. Pour Thierry Mandon, satisfait, c'est exactement ce qu'il fallait faire: "la décote, c'est un choix intelligent et sage" expliquait-il, hier soir. "Intelligent", parce qu'en affichage, on ne renie rien sur le principe, dit le député PS: "les heures supp' défiscalisées font du mal à l'emploi, les patrons préférant en accorder à leurs salariés, plutôt que d'embaucher". "Elles ont coûté 100 mille emplois", selon François Hollande, hier soir, une estimation jamais avancée jusqu'ici. C'est une décision "sage", dit encore Thierry Mandon, parce qu'on corrige les effets pervers de la mesure. Thierry Mandon poursuit: "les heures supplémentaires ne devaient pas devenir un boulet, comme le bouclier fiscal l'a été pour la majorité précédente". "Intelligent", "sage", la mesure sera-t-elle "lisible? (le système de la décote n'étant pas le plus simple du monde à comprendre). "Après tout ce qu'on a pris dans la figure, sur les heure supp', depuis 1 an", lâche Thierry Mandon, "les députés PS auront à coeur, croyez-moi, de bien expliquer la mesure".

Air France s'apprête à supprimer de nouveaux emplois. C'est le journal Les Echos qui confirme l'information, ce matin. Depuis plusieurs mois, la direction l'avait laissé entendre: son plan de restructuration (Transform 2015), lancé l'année dernière, ne permet pas de redresser suffisamment vite les comptes de la compagnie aérienne. Mercredi, au cours d'un Comité Central d'Entreprise, elle pourrait, donc, annoncer son intention de supprimer 2 600 à 3 000 postes supplémentaires, via un nouveau guichet de départs. D'autres mesures seraient prises pour redresser les branches "court" et "moyen-courrier" d'Air France. Ainsi que son activité "cargo".

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