Il y a quelques jours, visitant l'usine d'aluminium de St Jean de Maurienne, en Savoie, sauvée par son prédécesseur, Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l'Economie s'était défini ainsi, par rapport à Arnaud Montebourg. "Sans son engagement, la sauvegarde de ce site n'aurait pas été possible. Je crois au "volontarisme politique" mais, avait immédiatement ajouté Emmanuel Macron, "les rodomontades ne marchent pas". Depuis hier, c'est encore cette petite musique -"le volontarisme, sans les provocations"- qui remonte de Bercy. Mais cette fois-ci, au sujet du projet de réforme des professions réglementées. Lancée de manière tonitruante, au début de l'été par Arnaud Montebourg, la réforme provoque, en cette rentrée, une mobilisation inédite. Les huissiers étaient dans la rue, hier. Les notaires y seront demain. Avant l'ensemble des professions libérales, à la fin du mois. Inquiet peut-être, face à ce mouvement, le nouveau ministre a décidé de temporiser. Pas question de parler de recul, surtout pas, à Bercy, on préfère appuyer sur la différence de styles, entre les 2 ministre, pour expliquer, tout de même, que la philosophie du texte va changer. Ainsi que la méthode. Bref, à peu près tout. Plus question, par exemple, de dénoncer les "rentes" de certaines professions. Finie la stigmatisation! Dans son discours de politique générale, tout à l'heure, Manuel Valls pourrait, à la demande de son ministre, glisser quelques "mots rassurants". Rappeler, par exemple, la priorité faite à la sécurité juridique, et à la sécurité sanitaire, mises en avant par les manifestants. Macron, qu'on se le dise, souhaite un dialogue apaisé, "quand Montebourg était dans la provocation", faut-il comprendre. Comprendre aussi que quand le précédent ministre annoncait vouloir prendre 6 milliards d'euros aux professions régmentées, pour les rendre, en pouvoir d'achat, aux Français, le nouveau ministre de l'Economie rejette ce jeu à sommes nulles, et parle de "lever tous les blocages", pour donner plus, à tout le monde: c'est plus rassurant. Le représentant de l'une de ces professions dans le viseur note, évidemment, ce changement de ton, s'en satisfait. Attend la concertation pour voir. Et décrypte: "cette réforme des professions réglementées, c'est un signal à envoyer à Bruxelles. Avec quelques mesures de modernisation, on peut réaliser une réforme "symbole" sans tout casser".

Noir. L'OCDE vient de refroidir l'ambiance. Assez nettement. Elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro. Elle ne voit plus que 0,8%, cette année. Un peu plus, en 2015. 1% pour la France. L'Italie de Matteo Renzi déçoit beaucoup: elle est en récession, cette année, à zéro ou presque, l'année prochaine.Orange renforce ses positions en Espagne, où elle réalise déjà 10% de son chiffre d'affaires. Offre amicale: le Français va racheter Jazztel pour devenir le 2ème opérateur espagnol dans le fixe, le 3ème "mobile". La concentration du secteur des telecoms en Europe se poursuit.

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