Si la réunion avait pour objectif de remonter le moral des troupes, c'est raté. A Bercy hier soir, les sénateurs et députés socialistes, membres des Commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat étaient conviés à une sorte d'apéro-discussion, une "réunion de travail" préfère dire l'un des convives, avec Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et Bernard Cazeneuve, son ministre délégué au Budget. Aujourd'hui, les 2 hommes présentent, en Conseil des ministres, le "programme de stabilité" de la France, un texte, très important, qui fixe pour cette année et les 4 suivantes, les objectifs économiques et budgétaires du pays. Autrement dit, "nos" engagements européens. On les connaît: cette année, une croissance à +0,1%, et un déficit à 3,7. En 2014, 1,2% de croissance, et un déficit enfin ramené sous les 3%, 2,9. "La séance a été terrifiante" commentait, finalement hier soir, l'un des invités, en sortant du ministère. "La situation économique se dégrade, on a tous le moral au plus bas... et face à nous, les ministres ne nous ont présenté qu'une vision comptable des choses. Aucune perspective, pas de sens". "Que de la comptabilité publique, mais sans qu'on comprenne, au passage, où exactement iront se nicher les 6 milliards d'impôts supplémentaires annoncés pour l'an prochain. "Ce que je vois surtout c'est que la Droite va dénoncer l'empilement: 6 milliards de pluss sur TVA, 6 milliards d'impôts reconduits, 4 milliards encore ailleurs. je sais bien qu'on a déjà passé par dessus bord les élections à venir, mais quand même!". "En plus, poursuit ce parlementaire socialiste, on sait tous que les 2,9% de déficit, l'année prochaine, on ne les fera pas!" Deux heures plus tôt, c'est pourtant une autre tonalité qu'avait tenté de renvoyer Christian Eckert, le rapporteur socialiste du Budget, à l'Assemblée nationale. Il était dans sa voiture, en route pour Bercy et cette fameuse réunion, quand il minimisait les mauvaises du jour: un FMI qui prévoit une récession, cette année, en France. Et un Haut Conseil pour les Finances Publiques qui, de la même, façon, la juge "possible". "Ce n'est pas une remise en cause fondamentale des prévisions de croissance du gouvernement" disait Christian Eckert, les incertitudes, les aléas, signalés (par le Haut-Conseil) marchent dans les 2 sens, autrement dit, "on n'est pas à l'abri des bonnes surprises". "Tout l'enjeu aujourd'hui, c'est de mener une politique budgétaire sérieuse, au maximum de ce qu'on peut faire, c'est-à-dire sans casser totalement les chances d'une reprise économique". C'est le nouveau "ni, ni" des Socialistes au pouvoir: "ni facilité, ni austérité".

Sanctions. Le scandale de la "viande de cheval": Benoît Hamon veut durcir les sanctions. Le ministre de la consommation veut tirer les leçons de l'affaire, et des "tests" européens publiés hier, qui montrent que c'est en France que les fraudes sont les plus nombreuses. Quand en Europe, on décèle des traces d'ADN de cheval dans presque 5% des plats cuisinés "au boeuf", ce taux grimpe à 13% en France. Benoît Hamon se dit, surtout, surpris du nombre de "récidives". Il propose, du coup, d'alourdir les sanctions pour les fraudes économiques les plus graves. Il envisage une amende pouvant aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de l'entreprise fraudeuse, alors qu'aujourd'hui, elle risque moins qu'un voleur à la tire. 100. Les cours du pétrole: toujours en baisse. Le baril est passé sous les 100 dollars, hier, à Londres, pour la première fois depuis 9 mois.

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