Par Bruce de Galzain.

Ils sont les gardiens de la discipline budgétaire ! Ils sont 10, des membres de la Cour des comptes et des économistes et ils sont censés valider les prévisions de croissance et de déficit du programme de stabilité sur trois ans que Paris enverra à Bruxelles fin avril. Pour valider ces prévisions, le Haut Conseil des Finances Publiques a besoin de documents précis et notamment du plan d'économie de 50 milliards censé à la fois financer les baisses de charges et de fiscalité pour les entreprises et pour les particuliers mais aussi permettre à la France de revenir à un déficit en dessous de 3% du PIB en 2015. Mais voilà, hier en fin de matinée, lorsqu'à l'Elysée nous attendions l'allocution du Premier ministre, les membres du Haut Conseil étaient en train d'auditionner le directeur du Trésor et celui du Budget, deux des pilotes des finances publiques ; de les auditionner sans le plan d'économie que devait dévoiler Manuel Valls. Une situation incroyable selon l'un des membres du Haut Conseil qui se voit répondre par les directeurs du Trésor et du Budget qu'ils ne peuvent rien leur dire avant que le Premier ministre ne parle... Le Premier ministre qu'ils voyaient comme tout le monde à la télévision ! Sur le fond certains membres du Haut Conseil n'en reviennent pas non plus : les 50 milliards sont tout de même censés financer la baisse du déficit et avec tout ce qui a été rajouté il ne reste que 10 milliards ! Ce n'est pas suffisant dit l'un d'entre eux, très critique sur le plan pas assez chiffré selon lui et qui produira austérité et baisse de la croissance. Un autre estime que la ligne de crête est difficile à tenir entre d'un côté une politique de l'offre la baisse des charges censée avoir un effet sur la croissance et de l'autre la baisse des dépenses publiques (et notamment des prestations sociales) qui peut freiner la croissance ! Le pari du gouvernement est en fait de compter sur une reprise de l'emploi grâce aux baisses de charges en espérant que les Français moins inquiets puiseraient alors dans leur épargne, un cercle vertueux qui créerait un choc de consommation et ferait repartir la croissance... Il faut maintenant tenir le pari !

Starbucks veut payer plus d'impôts ! Oui c'est l'enseigne qui le dit et pour cela elle déménage son siège européen d'Amsterdam à Londres. En fait la chaîne américaine de cafés répond aux demandes pressantes du gouvernement britannique et de l'opinion publique qui n'ont eu de cesse de dénoncer les méthodes d'optimisation fiscale de Starbucks. Starbucks qui compte surtout développer son activité européenne à Londres : la chaîne veut ouvrir 100 nouvelles boutiques dans le pays !

Intermittents. La convention chômage des intermittents du spectacle devrait être modifiée d'ici la fin de la semaine. Pourtant déjà négociée par les partenaires sociaux, elle a mis dans la rue et sur le plateau de France 2 des intermittents mécontents. Aurélie Filippetti a donc demandé au patronat et aux syndicats de modifier le nouveau calcul du différé d'indemnisation qui augmentait les délais pour les bas et les moyens revenus.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.