On est bien obligé d'y revenir, à cette baisse "incroyable" des taux d'intérêt aux Etats-Unis : le taux zéro. "Du jamais vu !", nous dit-on. Sauf au Japon, il n'y a pas si longtemps que ça, à partir de la fin des années 80. Le pays a connu une dizaine d'années d'une crise, commencée par l'éclatement d'une bulle spéculative, provoquant une récession profonde et longue, marquée principalement par l'effondrement des prix (ce qu'on appelle la déflation). Toute ressemblance avec la situation actuelle est évidemment dans tous les esprits. La bulle immobilière, avec les subprimes a éclaté, puis la récession s'est installée (un chômage au plus haut) et une baisse des prix record est enregistrée : -1,7%, pour le seul mois de novembre, chiffres publiés hier. Avec son "taux zéro", "ça y est, l'Amérique est devenue le Japon", écrit le Prix Nobel d'économie de cette année, l'Américain Paul Krugman sur son blog. C'est évidemment pour s'en inquiéter, et pour souligner les limites de la méthode employée par la Réserve Fédérale. En bon kéynésien, il s'inquiète, en fait, de la "trappe à liquidités" qu'elle pourrait avoir ouverte. C'est de la théorie pure. Pour faire court : passé un certain niveau de taux d'intérêt, continuer à les baisser ne sert plus à rien. L'argent injecté est pour ainsi dire jeté par les fenêtres, et ne sert qu'à alimenter la prochaine bulle spéculative et donc la prochaine crise. Ce seuil, ce taux d'intérêt "critique" a, donc, sans doute été dépassé depuis quelques mois déjà. On est maintenant dans une zone inexplorée jusque-là, où il va falloir innover (la réserve fédérale promet d'utiliser de nouveaux outils pour stimuler la distribution de crédits aux entreprises et aux particuliers). On est aussi, désormais, dans l'attente. L'attente du Plan de relance promis par Barack Obama, l'arme budgétaire, cette fois-ci. Puisque le levier monétaire, lui, est désormais inopérant ! Un "grand coup"! On pourrait le dire comme ça : "aux Etats-Unis, l'argent ne vaut plus rien, désormais". La FED vient de ramener son principal taux directeur à zéro, ou presque. Emploi, croissance, consommation : la situation économique, outre-Atlantique, est jugée catastrophique, d'où cette "thérapie de choc", qui vise à relancer le crédit, et donc l'activité. La décision a, en tout cas, été saluée par les places boursières. Des hausses de plus de 4 ou 5% à Wall Street. Tokyo termine à + 0,5%. Cette baisse des taux aux Etats-Unis, en revanche, fragilise le dollar. L'euro a bondi, hier, à plus de 1 dollar 40. Le temps des décisions "choc". Pour soutenir les cours du pétrole, l'OPEP devrait annoncer aujourd'hui une baisse importante de sa production. Une baisse de 2 millions de baril/jour. Rattrapée par la crise. . BNP-Paribas annonce une perte de 710 millions d'euros, pour sa branche "financement et investissement". Madoff, notamment, est passé par là. La banque va supprimer 800 postes, dans ses activités de marchés. Principalement, à Paris et à Londres.

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