Le "froid et la neige", c'est décidement un sujet de conversation inépuisable. C'est aussi un sujet qui passionne tout le monde. Y compris les gens les plus importants. Qui ont, eux aussi, un avis sur la question. Cette semaine, Klaus Schwab était de passage à Paris. Le "professeur" Schwab, c'est le créateur et le patron du World Economic Forum, le Forum de Davos". Il était à Paris pour présenter les grandes lignes de l'édition 2011 de son célèbre, et très huppé, rendez-vous, qui se déroulera fin janvier, dans la station des Grisons, en Suisse. Klaus Schwab recevait les journalistes, à 2 pas de l'Elysée, au Club de l'Union Interalliée (où le port de la cravate est obligatoire) et la neige s'est donc invitée, dans la conversation. Dans un français parfait, avec une pointe d'accent suisse alémanique (il dit, par exemple, "Nicolas Sarkôssi"), Klaus Schwab a volontiers commenté la pagaille en France, après les chutes de neige. Ce qui l'a marqué, c'est surtout les réactions égoïstes qu'elles ont provoqué. Il en tire une réfléxion plus générale: aujourd'hui, partout, dit-il ("je reviens des Etats-Unis, où c'est pareil"), c'est toujours la faute des autres. Quoiqu'il arrive, il faut trouver un coupable. Même quand il s'agit d'un phénomène naturel. La démission, la semaine dernière, du ministre écossais des Transports -à cause des chutes de neige- le sidère. "Le monde est devenu plus égoïste" conclut Klaus Schwab. Un confrère journaliste lui pose, alors, une "excellente question". Vous qui êtes libéral, que faites-vous, du coup, de la "main invisible"? La conversation bascule, à ce moment précis, sur des questions très théoriques: la "main invisible", c'est pour les tenants de l'économie libérale, le "coeur de tout". Conceptalisée par Adam Smith, elle dit, précisément, que c'est la somme des égoïsmes individuels qui fait tourner le système. Pour le bien de tous. Le "chacun pour soi" ne devrait donc pas lui, faire peur. Le patron de Davos est nullement déstabilisé, parce, que pour lui, justement, la main invisible est aujourd'hui introuvable. Avec internet, avec l'internet mobile, "avec Wikileaks, même", dit-il, on sait, de plus en vite, ce que font les autres, ce pensent les autres. Du coup, la théorie ne tient plus parce qu'il n'y a plus de décision indépendante des agents économiques. On est passé, dit-il en conclusion "d'Adam Smith à Eric Schmidt". De la "main invisible à Google". Les buralistes agacent Bercy. C'est le journal "Les Echos" qui raconte l'histoire, ce matin. Alors qu'au Parlement, on discute dans la cadre du débat budgétaire, du prix des cigarettes, mais aussi la question des achats de tabac à l'étranger (combien de cartouches autorisées: 5, 10,12, autant qu'on veut?), le ministère de l'Economie, agacé clairement par l'intense lobbying des buralistes, vient d'envoyer aux parlementaires le récapitulatif des aides accordées eux débitants de tabac. En 6 ans, la facture pour le contribuable, y compris non-fumeur, s'élève à 1 milliard 200 millions d'euros, selon Bercy. Modérée. L'INSEE prévoit une croissance "modérée", en France, début 2011. Elle va rendre pas impossible, mais difficile l'objectif du gouvernement pour l'ensemble de l'année (2%). Jusqu'à l'été prochain, les créations d'emplois ne devraient pas être plus nombreux qu'en cette fin d'année. Accord à Bruxelles, hier soir, pour péréniser le mécanisme de gestion des crises, dans la zone euro. Il fonctionnera, grosso modo, sur le modèle du FMI.

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