Ce sont quelques lignes, lues sur la page "confidentiel" de l'hebdomadaire Challenges. Elles sont simplement sourcées "Elysée", sans plus de détail. "L'Elysée veut instiller de la modération salariale" écrit le journal. Quelques explications suivent, je les résume: dans le cadre de la réforme fiscale, l'Elysée envisage de proposer un "pacte" au patronat. En échange de nouveaux allègement d'impôts, il serait demandé aux patrons de modérer les salaires des Français. "Durant plusieurs années", poursuit le journal, rappelant le précédent allemand du début des années 2000. Le but serait, évidemment, de redonner de la compétitivité aux entreprises françaises, en allégant le coût du travail, mais, politiquement -on le comprend très vite- c'est une bombe: imaginez un gouvernement de gauche prônant la modération salariale pour tous! La modération salariale, c'est un thème aujourd'hui très présent dans le débat économique: le sujet est récurrent, par exemple, dans les réunions de la Commission économique de la Nation. Il imprègne, également, de nombreux rapports. Ceux du Conseil d'Analyse Economique. Ou celui, tout récent, sur le SMIC, qui préconisait, avec succès, l'absence de coup de pouce. Le constat, qui prend les partisans d'une relance par la consommation à rebours, syndicats en tête, c'est celui-ci: en France, les salaires augmentent trop vite! +2,5% en 2012, +1,6% sur les 12 derniers mois. +2,5% encore, annoncés en 2014, selon une étude récente. Alors tout le monde ne le ressent pas forcément comme ça, d'autant que ces hausses de salaires n'empêchent pas un tassement, voire une diminution du pouvoir d'achat puisqu'en face certains prix mais, surtout, les impôts augmentent encore plus vite. La perception est toute autre donc, mais le constat est là: les salaires en France progressent vite. Plus vite que la productivité, plus vite que la croissance. Dit autrement: la crise n'a pas d'effet. Ou plutôt si, l'ajustement se fait par l'emploi -le chômage massif-, mais pas par les salaires! D'où, l'appel de certains à une "modération salariale" généralisée, pour recoller à la compétitition mondiale. A l'Elysée, un conseiller affirme que ce n'est, en aucun cas, un objectif officiel, ou même officieux. Le constat sur la hausse des salaires, explique-t-il, sert, avant tout, à dire aux patrons de grands groupes, qui s'achètent la paix sociale en augmentant les salaires, mais qui réclament en permanence des mesures pour baisser le coût du travail, en France, il sert à dire que la compétitivité n'est pas qu'une question d'impôts et de charges.

4G, suite. La bataille commerciale pour la 4G continue. Comme les échanges d'insultes et les menaces. Bouygues Telecom et Orange annoncent qu'ils ont décidé de s'aligner sur les tarifs de Free mobile, autrement dit, de mettre la 4G au prix de la 3G. Dès aujourd'hui, pour les abonnements B&You, chez Bouygues. En janvier, pour les forfaits Sosh d'Orange. En ce qui concerne les noms d'oiseaux, c'est dans le Figaro que les échanges se poursuivent, ce matin. Stéphane Richard, le patron d'Orange, répond aux provocations de Xavier Niel, le patron de Free. "Je le trouve prétentieux et agressif" commente Stéphane Richard, "il perd ses nerfs", "Niel, c'est le "roi de l'embrouille". Il "applique des marges de 42%" sur ses box internet, a accumulé une fortune de "plus de 6 milliards d'euros", etc. Stéphane Richard, enfin, menace, en guise de représailles, de ne pas reconduire le contrat d'itinérance qui permet à Free d'utiliser une partie du réseau mobile d'Orange.

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