L'Oréal, le n°1 mondial des cosmétiques, a publié ses résultats pour 2008, hier soir, et ils déçoivent. Ils restent en hausse (le chiffre d'affaires, sur 12 mois, progresse de presque 3%) mais ils n'ont plus rien à voir avec les performances de ces dernières années. Il faut dire que depuis 24 ans, l'Oréal annonçait, chaque année, à ses actionnaires (famille Bettencourt en tête) une hausse de leur bénéfice par action, à 2 chiffres. Une hausse, donc, de plus de 10% (Il y a eu des années à plus de 20!). Cette annnée -crise oblige- ils devront se contenter d'une progression limitée à 7%. Le patron de l'Oréal, Jean-Paul Agon, se dit presque "soulagé" par la nouvelle. "Promettre, chaque année, une telle rentabilité devenait un véritable "carcan". La crise lui permet de s'en libérer. Ceci dit, cette crise n'est évidemment pas qu'une bonne nouvelle: comme beaucoup d'autres entreprises, comme beaucoup d'autres secteurs, l'Oréal a vu ses ventes reculer au dernier trimestre 2008. Un recul de presque 12% aux Etats-Unis: Noël, dans les grands magasins américains, a été mauvais. Et ce sont les produits de luxe de l'Oréal qui trinquent! Les ventes des produits cosmétiques, dans les salons de coiffure, ont elles aussi ralenti. Seules les marques, distribuées dans les grandes surfaces (Garnier, Gemey...) ont tenu le choc. L'Oréal avait l'habitude de dire que les cosmétiques... les crèmes, les parfums... sont des produits "anti-crise". Comme le chocolat. On sauve la face (avec les premiers) et on s'accorde une douceur (avec le second)... c'est un peu moins vrai, cette fois-ci, même si tout ça est très relatif. Reste que pour l'Oréal, se pose, de façon plus criante, aujourd'hui, son positionnement dans le luxe. Sa marque Lancôme a perdu de sa superbe. Elle est malmenée. D'un côté par des griffes mieux identifiées: Chanel, Clarins... De l'autre, par des conglomérats géants, type Unilever. Au rayon "parfum homme", par exemple, c'est une véritable guerre que se livrent toutes ces sociétés. Et le lessivier Procter & Gamble (imaginez, un vendeur de lessive!...).. avec ses marques Hugo Boss, Gucci, Escada... gagne des parts de marché sur l'Oréal! Le chômage partiel coûte cher à l'Etat. C'est tout sauf une surprise: avec la crise, les mesures de chômage partiel se multiplient. En Franche-Comté, par exemple, en fin d'année dernière, on a enregistré 15 fois plus d'heures de chômage partiel qu'en 2007 à la même période. Pour l'Etat, qui compense une partie des salaires versés, la facture s'alourdit à vue d'oeil: un peu plus de 50 millions, l'année dernière. C'est plus du double que d'habitude. L'enveloppe prévue pour cette année, va être revue sérieusement à la hausse, annonce Bercy. L'avant-Sommet social (suite). Le chômage partiel, ce sera l'un des thèmes du "sommet social" de demain, à l'Elysée. L'idée d'avancer exceptionnellement à avril, la hausse annuelle du SMIC serait également envisagée, selon la presse, ce matin. Toujours les critères de Maastricht! La commission européenne devrait ouvrir demain une procédure dite de "déficit excessif" à l'égard de la France, de l'Espagne et de la Grèce. Crise ou pas, Bruxelles n'apprécie pas le dérapage de leurs comptes publics.

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