Ce vendredi va être une très bonne journée pour les caisses de l'Etat. Ces journées sont rares, profitons-en. Cette bonne nouvelle, c'est la fin des billets en francs. Tout le monde en parle depuis quelques jours, donc nul n'ignore que ce vendredi 17 février 2012 est le dernier jour pour échanger ses vieux billets en francs, contre des euros. Les succursales de la Banque de France sont prises d'assaut. Comme les Centres des finances publiques (les ex-trésoreries) qui assurent aussi ce service. Sur "jechangemesfrancs.com", on trouve tous les détails de l'opération. Sauf, peut-être, celui-ci: c'est paradoxal mais c'est comme ça, le gouvernement a tout intérêt à ce que le moins de monde possible participe à cette opération! Pourquoi? Parce que plus les Français rapporteront leurs vieux francs, moins l'Etat récupérera de l'argent. L'enjeu, c'est ce qu'on appelle le "culot d'émission": ces billets (ou ces pièces) qui ne sont pas jamais rendues à la banque centrale. Comptablement, les billets sont des créances, inscrites au passif de la Banque de la France. Leur disparition, c'est, à l'inverse, une recette. Une recette que l'Etat va s'empresser de ponctionner pour remplir ses caisses: c'est une sorte d'impôt, "invisible, indolore", mais un impôt quand même, qui a été été calculé de cette façon. Il circule, encore, en francs, l'équivalent de 600 millions d'euros. On a estimé (au regard, des précedentes opérations) que seuls 100 millions reviendront. Donc, l'Etat a inscrit la différence, dans son budget 2012: une recette exceptionnelle de 500 millions d'euros! Toute la question maintenant, est de savoir si les Français rapporteront plus ou moins que cette somme. Plus, c'est une mauvaise nouvelle pour l'Etat (sa "ponction" sera un peu réduite). Moins, c'est de l'argent supplémentaire! Alors, j'arrête, tout de suite, ce qui est un faux-suspens. Même si les files d'attente sont longues devant les succursales de la Banque de France, l'opération devrait rester dans les normes prévues. Un premier bilan va être dressé, ce matin mais dès mercredi, dans le Journal de 13h de France Inter de Claire Servagean, le Directeur de la Banque de France, chargé de l'opération a lâché un chiffre (passé inaperçu): mercredi, l'équivalent en francs de 45 millions d'euros étaient rentrés (sur les 600 en circulation). Autrement dit, on ne dépassera pas le seuil prévu. Et l'Etat peut se frotter les mains (qu'il n'a pas): ce vendredi est, bel et bien, une journée, pour lui, à 500 millions d'euros.

Lancée. C'est une opération discrète de la Banque Centrale Européenne en faveur de la Grèce. C'est le quotidien allemand Die Welt qui l'a révélé hier. L'opération, qui devrait se dérouler ce week-end, est un échange d'obligations grecques (de titres grecs), entre la BCE et les différentes banques centrales des pays la zone euro. Je vous passe les détails, mais l'objectif est de dégager entre 10 à 12 milliards pour "boucler" définitivement le progamme d'aide à Athènes. La méthode retenue permet, elle, de contourner légalement les Traités européen qui interdisent à la BCE d'aider directement les Etats.

Sur les rails. Guillaume Pepy confirme: la SNCF, qu'il préside, lance le processus pour l'achat de 40 nouvelles rames TGV à Alstom (premières livraisons, en 2016). L'investissement dépasse le milliard d'euros et devrait permettre à la SNCF de faire circuler pluss de trains sur son réseau.

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