Le "dilemme du prisonnier", c'est une des figures classiques de la théorie des jeux. La théorie des jeux, c'est l'un des outils à la mode, en économie. Une façon d'analyser le comportement des agents : ce qu'ils décident de faire (acheter, vendre, investir) en anticipant ce que les autres pourraient décider de faire. Le "dilemme du prisonnier", c'est, donc, sa version la plus connue. deux joueurs. Ils ont tout intérêt à coopérer, mais comme ils ne communiquent pas, finalement il devient plus rentable de trahir l'autre. Et au final, si les deux trahissent, c'est encore moins bon. Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, était encore économiste il y a quelques jours ; et grand spécialiste de la théorie des jeux. Une expertise qu'il met - c'est flagrant - en pratique dans les négociations lancées avec ses partenaires européens. On semble, pour le coup, dans une variante du "dilemme du prisonnier", "la poule mouillée", très connue. Deux voitures roulent l'une en direction de l'autre : chaque conducteur peut dévier et éviter la catastrophe, ou aller à la collision. Le but, c'est de se montrer "plus dur" que l'autre, le plus déterminé, pour le faire céder. Franchement, hier soir, à Bruxelles, c'est exactement à ça que nous avons assisté. Un "clash", un vrai, une réunion de l'Eurogroupe qui a tourné court, et à la sortie des déclarations tonitruantes. Pour le patron de l'Eurogroupe, sur ses ergots, cela se traduit par un ultimatum: "C'est aux Grecs de faire le prochain mouvement ", a-t-il dit, "et ils ont jusqu'à la fin de la semaine ! ". Côté grec, torse bombé, on rejette en bloc la proposition "absurde" mise sur la table (une première version signée par le Commissaire Pierre Moscovici aurait convenue, mais elle a été retirée avant la réunion). En fait, les positions des uns des autres sont très proches: les ministres européens proposent de prolonger le programme d'aide actuel, mais de l'assouplir. Le gouvernement grec, lui, veut un nouveau programme, avec des obligations assouplies. On n'est pas très loin du compromis, en tout cas, d'une base de compromis. Mais il va falloir attendre encore un peu, donc. Attendre pour savoir qui est la "poule mouillée".

Nouveau. Le futur patron de Sanofi s'appelle Olivier Brandicourt. Il est français, ce qui devrait éviter le "choc de culture" qui a coûté le poste à son prédecesseur, Chris Viehbacher, débarqué il y a quatre mois. Olivier Brandicourt, 59 ans, est médecin, spécialiste des maladies tropicales, notamment du paludisme.En baisse. Les résultats d'Orange, publiés il y a quelques minutes. L'opérateur télécom affiche un bénéfice en baisse de 43%.

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