C'est un rapport qui vous a échappé, c'est sûr. Il a été rendu public, vendredi en fin de journée (pas forcément le meilleur moment pour s'assurer une bonne exposition médiatique). Qui plus est, vendredi soir dernier, c'est la Tunisie et la fuite de Ben Ali qui occupaient les écrans et les esprits. C'est à se demander, du coup, si ça n'a pas été fait exprès... pour un rapport, qui longtemps a été retenu par Bercy. Ce rapport, c'est celui du "Contrôleur des rémunérations" dans les banques françaises. Le contrôleur des "bonus", pour le dire plus clairement. Ces "bonus des traders" qui, depuis la crise, font régulièrement scandale. En septembre 2009, alors que l'Etat soutenaient les banques françaises à coup de milliards d'euros, Christine Lagarde chargeait Michel Camdessus, l'ancien directeur général du FMI, une sorte de "consience" française du secteur, de vérifier si les nouvelles règles, imposées aux banques, en matière de rémunérations, étaient respectées. "Bien mais peut mieux faire": c'est la conclusion du Contrôleur, qui décrit son travail comme des "fouilles archéologiques", les banques n'ayant pas été forcément, toujours et totalement coopératives. La ministre, vendredi, leur a demandé, d'ailleurs, un nouvel effort de transparence. La note positive du rapport, c'est la mise en place jugée plutôt satisfaisante de ces nouvelles règles, selon son auteur. A part, peut-être -et ce n'est pas un détail-, le fameux "malus", censé lier les primes à la performance réelle des traders). "Positif" encore selon ce rapport: la relative modération des bonus, l'année dernière, dans les banques françaises. En prenant 2007, comme année de référence (d'avant crise), l'enveloppe des bonus distribués a été réduite, selon Michel Camdessus, de 20% (800 millions de gagnés, si j'ode dire). Mais au total, dans les 6 banques contrôlées, c'est-à-dire les 6 grandes banques aidées par l'Etat français, ce sont quand même près de 3 milliards d'euros de bonus qui ont été distribués, l'année dernière. Bonus moyen: 242 mille euros. Une moyenne qui cache des écarts énormes, évidemment: le plus petit bonus s'est élevé à 100 mille euros. Le plus gros à... 10 millions! Ce serait pour un trader anglais de la BNP. Preuve que cette modération est très "relative", le rapport note que les plus gros bonus n'ont pas franchement fondu depuis 2007. Constat sidérant, enfin: les 40 plus gros bonus distribués, en 2010, sont tous supérieurs aux salaires des 40 patrons du CAC! Les traders mieux payés que leurs patrons: ça reste une réalité. Décrite dans ce rapport, au style très prudent mais qui, au final, dit bien les choses. Les prix des denrées alimentaires pourraient, très nettement, augmenter dans les mois qui viennent. Les négociations (pour fixer les tarifs 2011).. négociations entre producteurs et distributeurs.. ne sont pas encore achevées, mais (on le savait et ça se confirme), les hausses réclamées sont importantes. Conséquence de l'envolée du prix des matières premières agricoles (le blé, le sucre, les huiles. Pas le riz). Les prix des pâtes alimentaires, de la farine (et donc du pain), le prix de la charcuterie et du chocolat devraient, donc, augmenter assez nettement, cette année. La BCE s'inquiète. Hier, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne, l'a redit: il commence à s'nquièter du niveau de l'inflation en Europe. Elle dépasse les 2%. Par conséquent, Jean-Claude Trichet l'affirme: la BCE n'hésitera pas à relever ses taux d'intérêt s'il le faut. Et ce, même si la croissance, en Europe, reste molle.

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Le rapport Camdessus

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