C'est, sans conteste, le moment le plus fort du documentaire. Face à la caméra, Jean-François Copé, qui s'exprime en tant qu'ancien minsitre délégué au Budget (c'était sous Chirac) le reconnaît, sans tergiverser: "je me suis fait avoir" dit-il. Il s'est fait avoir par sa propre administration, celle de Bercy. Le documentaire s'intitule "Une pieuvre nommé Bercy". il est diffusé, ce soir, à 20h35 sur France 5: je vous le recommande chaudement. Il raconte, dévoile les coulisses du ministère de l'Economie et des Finances, et tente de décrypter l'étendu de son pouvoir. Et parfois, de son pouvoir de nuisance. Le documentaire revient, notamment, sur quelques épisodes récents des mandats Chirac (avec notamment cette "note" de Bercy qui a poussé à la dissolution de l'Assemblée nationale) et du mandat de Nicolas Sarkozy. Une pépite, au milieu d'autres: l'histoire du bouclier fiscal, qui pousse, donc, à Jean-François Copé à faire ce "mea-culpa". C'est Dominique de Villepin qui a mis en place le bouclier fiscal, en 2006. Il était alors fixé à 60% (personne ne devait payer plus de 60% de ses revenus, en impôt). Et c'est Nicolas Sarkozy qui l'a poussé jusqu'à 50%. Le but est de lutter contre l'évasion fiscale et de rendre, à nouveau la France, "attractive" ce que la Gauche a vite qualifié de "cadeau fait aux plus riches". L'opinion a suivi d'ailleurs et le bouclier est devenu "boulet": on connaît la suite. Mais ce qu'on avait, peut-être, pas totalement saisi, c'est le rôle joué par Bercy dans toute cette histoire, et que racontent très bien les 3 auteurs du documentaire. Les haut-fonctionnaires du ministère ne voulaient pas de ce "bouclier", tout simplement parce qu'il reduisait les rentrées fiscales, quand l'état des finances publiques imposait de faire exactement l'inverse. Bercy va, donc, "saboter de l'intérieur" (si on peut le dire ainsi) le dispositif, en expliquant au ministre qu'il est impossible de déduire le bouclier, directement sur les impôts des contribuables concernés. L'administration propose un système plus complexe (qu'elle sait voué à l'échec): une déclaration volontaire du contribuable, et un chèque de restitution. C'est là que Jean-François Copé reconnaît s'être "fait avoir" parce que beaucoup de contribuables (par peur du fisc) renonceront à se faire connaître, et surtout, le montant de certains chèques (on pense à celui de Liliane Bettencourt) va faire scandale. C'est exactement, ce que souhaitait Bercy pour faire capoter le bouclier. Bercy qui a donc sa part dans l'un des plus cinglants échecs du quinquenat Sarkozy. C'est l'un des éléments passionnants, sidérants (il y en a d'autres) de ce documentaire.

3 mois. Moody's maintient la pression sur la France. L'agence de notation poursuit son examen de la situation française. Elle se donne 3 mois pour dire si, oui ou non, elle maintient son "triple A" à la France. Si Moody's salue les plans de rigueur adoptés, et les promesses de réformes, l'agence souligne que la solidité financière de la France s'affaiblit. En déplacement à Madrid, Nicolas Sarkozy n'a retenu, hier, que le maintien (apparent) du triple A, pour reprocher à la gauche de ne pas s'en réjouir. Et pour répéter que la priorité reste à la réduction des déficits et à l'amélioration de la compétitivité de l'économie française.FESF. Agence de notation toujours: Standard & Poor's a dégradé, hier soir, le FESF, le Fonds de secours européen. Démarche logique après la dégradation de la France et de l'Autriche, principaux soutiens. Paris et Berlin affirment que la décision ne change rien. La Banque Centrale Européenne, estime, à l'inverse, que le FESF doit, maintenant, être renfloué.

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