Depuis quelques jours, on vit une nouvelle vague de licenciements massifs et de plans sociaux. Plus de 3000 emplois supprimés en 6 jours, selon le calcul du journal "La Tribune" ce matin, avec cette injustice qui s'ajoute au choc pour les salariés concernés : ce chiffre ne prend en compte que les suppressions de postes "visibles", si on peut dire, celles de grandes entreprises. C'est là où je veux en venir, ce matin, à la médiatisation de certains conflits sociaux et au maintien dans l'ombre ou dans l'oubli de beaucoup d'autres avec cette question essentielle : un conflit médiatisé permet-il aux salariés d'obtenir de meilleures indemnités de départ ? Dans l'Essonne, les salariés d'Altis (plus de 400 postes menacés) le croient. Ils viennent de lancer une grève illimitée, avec blocage de leur usine. L'idée -affichée- est de "médiatiser" leur conflit pour obtenir un meilleur "parachute". "On veut un socle minimum de 100 mille euros" affirme le délégué syndical CFTC d'Altis. Les modèles à suivre sont, évidemment, les "Conti" (les salariés de Continental) -très médiatisés- ou ceux de Caterpillar, qui ont obtenu des conditions de départ nettement améliorées, par rapport à ce qui était prévu initialement. Mais, au prix d'un conflit "dur" et d'actions "musclées", qui sont allés jusqu'à la séquestration des dirigeants. Au sein des organisations syndicales, on reconnaît que cette médiatisation des conflits a obligé les directions de groupes étrangers à bouger. Les syndicats ont pu mieux négocier, mais ils notent qu'à chaque fois, ces situations ont, avant tout, révélé l'état d'un dialogue social "catastrophique" dans certaines entreprises, qui a poussé à ces situations extrêmes. Surtout, ils soulignent que cette "focalisation" des actions sur le montant des indemnités pose problème. On néglige, du coup, des aspects plus essentiels encore, du plan social : la revitalisation du site industriel, le reclassement des salariés ou la recherche d'un repreneur. C'est le "syndrôme Moulinex" (autre plan social très médiatisé en son temps): un gros chèque pour accompagner la fermeture des usines, mais, ensuite... beaucoup de chômeurs sans perspective de retour à l'emploi. Le dialogue social se tend chez EDF ! Précisément, dans les Centrales nucléaires d'EDF. Une grève se poursuit depuis plusieurs semaines. Les revendications sont salariales. Lundi, la direction d'EDF a saisi la justice pour forcer la CGT et Force Ouvrière à lever leur préavis. Et depuis hier, elle procède même à des réquisitions de personnel. EDF affirme que cette grève -"minoritaire"- fait courrir le risque de coupures de courant, cet été, puisque si ça continue, les centrales ne seront pas prêtes à temps. Elles ne seront pas "rechargées" en combustible. Certains sites... Chinon, Tricastin, Fessenheim... ont arrêté leur grève, face aux menaces de la direction. Elle se poursuit ailleurs. EDF toujours... C'est aujourd'hui que l'électricien lance, auprès des particuliers, son grand emprunt. La Poste transformée en Société Anonyme par actions 100% publiques. Le gouvernement a présenté son projet, hier. Les syndicats de postiers promettent une forte mobilisation contre cette transformation, qui, selon eux, mène tout droit à la privatisation. Pour Michelin , on en saura, peut-être, un peu plus aujourd'hui. Syndicats et direction ont rendez-vous. La suppression d'un millier d'emplois pourraient être confirmée. Départs volontaires et départs anticipés à la retraite.

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