"La Grèce, c'est un nouveau Lehman Brothers": il n'est pas rare d'entendre, depuis quelques jours, cette comparaison, ce parallèle, dans la bouche d'économistes, d'observateurs ou de responsables politiques. C'est une façon, évidemment -imagée et très efficace- pour dire que nous sommes, tous, au bord du gouffre. Si on suit ce raisonnement d'ailleurs, nous sommes donc, aujourd'hui vendredi, à la veille d'un week-end "décisif"... week-end de réunions, de tractations, et de décisions, qui au final devra dire, si oui ou non, la Grèce doit être sauvée. Et surtout, comment. On peut apprécier, ou pas, cette dramatisation à l'extrême de la situation. Y souscrire, ou pas du tout. Il reste que la crise grecque d'aujourd'hui a, au moins, 1 point commun avec Lehman Brothers. Et sa chute, il y a presque 3 ans: ce sont ces mystérieux produits financiers, appelés "CDS". C'est l'acronyme anglais de Credit Default Swaps. En français, on parle de "couverture de défaillance", de "dérivés sur événement de crédit", ou encore de "permutation d'impayé". Ils sont aujourd'hui, au coeur, des discussions en Europe. Les CDS, c'est une assurance. Les grandes banques les vendent aux investisseurs en leur promettant d'éponger les pertes si l'affaire tourne mal. Dans le cas de Lehman Brothers, ils couvraient les fameux subprimes. Et dans la crise d'aujourd'hui, il couvre le risque d'une faillite de la Grèce. Le problème, c'est qu'il s'agit de produits qui échappent à presque toute réglementation. Autrement dit, on n'est pas sûr, que les banques ou les sociétés d'assurance qui ont vendu ces CDS ont bien les reins assez solides pour assurer les remboursements! D'où, aujourd'hui, en Europe, cette bataille, technique et sémantique, autour de la solution à trouver pour sauver la Grèce. Concrêtement, elle est en train de faire faillite (elle fait "défaut"!)... mais il ne faut surtout pas le dire, parce que sinon, ça déclencherait les fameux CDS! C'est pour ça qu'on entend depuis quelques jours, ces termes "reprofilage", "roll over", "allongement de maturité"... autant d'expressions pour ne pas dire la réalité. Et peut-être éviter, oui, un "nouveau Lehman Brothers". AtomicAnne... dehors. Nicolas Sarkozy a donc tranché Anne Lauvergeon est débarquée de la tête d'Areva. Et c'est Luc Oursel, son directeur général délégué (arrivée en 2007, chez Areva), qui va lui succéder. Son nom est apparu très tard dans l'interminable feuilleton des rumeurs annonçant, régulièrement, le départ de la patronne d'Areva. Elle aura, en tout cas, créé, et dirigé le groupe pendant 10 ans. On ne sait pas, à ce stade, si son départ va s'accompagner d'un changement profond de stratégie. Certains craignent le "dépeçage" futur d'Areva... aujourd'hui un groupe "intégré" qui va de l'extraction de l'uranium au traitement des déchets, en passant par la conception des centrales. la grèce... En Grèce, c'est aujourd'hui que George Papandréou, le Premier ministre, doit remanier son gouvernement. A Berlin, Angela Merkel reçoit Nicolas Sarkozy, à la mi-journée pour tenter de trouver un compromis de sortie de crise, dans la zone euro. Bruxelles, hier, a proposé d'agir en 2 temps: une aide immédiate à Athènes (débloquée, peut-être, dès ce week-end) pour se donner le temps d'élaborer un plan à moyen terme.

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