Ce "gros nuage" a, déjà, été repéré, déjà, en Grèce, en Espagne, au Portugal et au Royaume-Uni. Il est annoncé, également, en Italie. Et fera, sans doute, parler de lui, ailleurs encore. C'est le gros nuage de l'austérité budgétaire! Qui se déplace à une vitesse impressionnante. En France, il est là également. Mais comme pour le nuage de Tchernobyl, les autorités nient sa présence: "il n'y a pas de rigueur", répète le gouvernement qui annonce, dans le même temps, une coupe de 10% dans les dépenses de l'Etat, pour les 3 prochaines années. Et se demande, également, s'il ne va décrêter un gel du salaire des fonctionnaires! Partout donc, en Europe, l'austérité! Pour répondre aux injonctions des marchés qui s'inquiètent de la dérive des déficits publics. Qui s'inquiètaient de cette dérive. Parce que, maintenant (maintenant que les gouvernements ont réagit) les marchés s'inquiètent des conséquences des mesures prises: une croissance durablement molle en Europe. C'est donc, désormais, le "gros nuage" d'austérité qui empêche le redécollage des économies européennes! En fait, pour certains économistes, la situation d'aujourd'hui comparée à celle d'il y a une dizaine de jours (une dizaine de jours seulement, c'est dire l'accélération du calendrier) a profondément changé. Certes, en apparence, ça ne va pas mieux: les bourses dégringolent, à nouveau, et l'euro poursuit sa chute. On pourrait conclure, donc, à l'échec du plan européen. Sauf qu'aujourd'hui ce n'est plus vraiment la faillite de la Grèce, ou d'un autre pays qui inquiète. Ce n'est plus l'implosion de la zone euro qui alimente la spéculation mais, précisément, ce sont les conséquences de la "rigueur pour tous" qui expliquent les mouvements d'aujourd'hui. On revient à une logique "plus économique", pourrait-on dire. Les investisseurs anticipent un ralentissement de l'activité économique en Europe: ils vendent, donc, les actions des sociétés européennes, et se débarrsassent l'euro: ce qui fait, mécaniquement, reculer la monnaie européenne (face au dollar, notamment). Et qui donne, du coup, à l'Europe, les moyens de rebondir, puisque tout ceci équivaut à une dévaluation de l'euro. Qui, elle, doit permettre de relancer les exportations, et, finalement, de relancer l'économie européenne. Il y aurait -comme pour le cholestérol- un bon et un mauvais "euro faible". Sans s'en apercevoir, on serait passé, la semaine dernière, de l'un à l'autre. L'euro poursuit sa dégringolade. La monnaie européenne s'échange, ce matin, en Asie, autour de 1,23 dollar. C'est son plus bas niveau depuis 4 ans. Depuis avril 2006. Ce sont toujours les craintes à propos de la zone euro qui dominent. Conséquence, ce matin: la Bourse de Tokyo baisse fortement. Ce soir, nouvelle réunion attendue, à Bruxelles, des ministres des finances de la zone euro. Travailler plus! La réforme des retraites: sans surprise, le gouvernement souhaite faire travailler les Français "plus longtemps". C'est ce qui ressort du document d'orientation, adressé, hier soir, aux syndicats et au patronat. A ce stade, le gouvernement ne précise pas s'il penche pour un recul de l'âge légal ou un allongement de la durée de cotisation. Ou encore, un "mix" des 2. En revanche, il promet, en contrepartie, d'aborder la question de la pénibilité et des carrières longues. Il rejette l'idée d'une "'super-décôte", un temps évoquée (sorte de retraite à la carte). Il refuse, également, l'idée de mettre à contribution les retraités d'aujourd'hui. Enfin, et peut-être surtout, Nicolas Sarkozy accepte d'écorner son "bouclier fiscal", en créant un prélèvement sur les hauts revenus, et les revenus du capital. Un reniement, qui doit rapporter entre 2 et 3 milliards d'euros.

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