Ca a duré, effectivement, une demi-heure. Une demi-heure, en fin de journée hier, pendant laquelle Twitter a été le seul média capable d'informer les Français, et tous ceux, sur la planète, que l'histoire intéresse autant que nous. Je parle, évidemment, de la comparution de Dominique Strauss-Khan devant un Tribunal new-yorkais. Sans Twitter (c'est à dire au siècle dernier...), les journalistes auraient eu à choisir. Soit rester en dehors du tribunal, et attendre la décision judiciaire. Ils restaient alors à l'antenne, en racontant ce qu'ils pouvaient. En "meublant". Soit ils décidaient d'assister à l'audience. Ils voyaient tout... mais devaient attendre pour raconter. Avec Twitter, une troisième possibilité est apparue récemment, et on l'a donc, éprouvée, hier, à grande échelle: grâce à leurs téléphones portables, les journalistes depuis la salle d'audience, ont pu raconter en envoyant des mini-messages (c'est le principe de Twitter), minute par minute, ce qu'il se passait. Leurs collègues, à la radio, à la télé, pouvaient alors relayer l'information. Ca n'a duré qu'une demi-heure, parce que sitôt l'audience achevée, on a bien vu que la télé reprenait immédiatement le dessus, puisque tout a pu être filmé (on est aux Etats-Unis), et l'image de DSK, assis sur le banc des accusés, ou faisant face à sa juge, est devenue bien plus forte que les micro-messages envoyés sur le Net. Je vous raconte ça parce que cette séquence résume bien aujourd'hui la question qui taraudent les dirigeants de Twitter. Le succés d'estime est indéniable. Le nombre d'abonnés est en progression constante (il y a une "poussée" hier en France, c'est quasiment certain). Son audience est immense. Sa valorisation aussi (Twitter vaudrait entre 5 et 10 milliards de dollars) mais ses profits sont minuscules: pas plus de 150 millions. Pourquoi? Parce que Twitter n'a pas encore trouvé son modèle économique. Et c'est un vrai problème: pour ses dirigeants, et pour la perénité du système. L'entreprise ne sait pas tranformer son audience en cash, comme le fait si bien la télé. C'était patent, hier. Le "buzz" était sur le Net, sur Twitter. Mais c'est bien sur les chaînes télé tout-info que se multipliaient les coupures pub. Pas (ou peu) "d'effet DSK" sur les marchés hier. L'euro, qui était en baisse, hier à cette même heure, s'est redressé dans le journée, pour finir à plus d'1 dollar 41. En fait, on peut dire que si l'affaire Strauss-Khan "trouble" les marchés -ils ont été un peu "sidérés", comme tout le monde-, elle ne les a pas fait pas chuter. Seule la bourse de Paris semble avoir reculé, hier, sur petit "effet DSK". Eurogroupe "normal". A Bruxelles, la réunion des ministres de la zone euro s'est déroulé presque "comme si de rien n'était": l'aide au Portugal a été validée. La possibilité d'une aide supplémentaire à la Grèce a été également évoquée. Toujours au cours ce cette réunion, la candidature de l'Italien Mario Draghi pour succéder Jean-Claude Trichet, à la présidence de la Banque Centrale Européenne, a été entérinée. FMI..."pas normal". Pour l'autre succession à venir, celle de Dominique Strauss-Khan à la tête du FMI. Angela Merkel, à Berlin hier, a clairement signifié que le poste devait rester à un Européen.

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