Dans une heure, à Bercy, pour les passations de pouvoir, il manquera quelqu'un. C'est l'Agence France Presse qui donne cette précision, et c'est vrai qu'il ne figure pas sur les communiqués officiels que Bercy a envoyé dans la soirée. Tout à l'heure, Eric Besson sera absent des courtes cérémonies organisées. Il ne sera pas là pour donner les clés du ministère de l'Industrie à Arnaud Montebourg. A vrai dire, Pierre Lellouche et Frédéric Lefebvre, eux non plus, ne sont pas annoncés mais le cas d'Eric Besson, évidemment, amuse beaucoup plus: on se dit que l'ancien socialiste ne souhaite pas croiser ses amis d'hier, aujourd'hui triomphants. Du coup, c'est François Baroin, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie qui va se charger de ce travail. Avant, une demi-heure plus tard (à 9h30), d'accueillir Pierre Moscovici, qui reprend l'autre partie de son portefeuille. Le même Moscovici, accompagné, cette fois-ci, par Jérôme Cahuzac, recevra ensuit (à 10h) des mains de Valérie Pécresse, les clés du budget. Vous avez décroché. C'est un peu compliqué? Normal, ce changement de gouvernement s'accompagne, aussi, d'un redécoupage des tâches et des responsabilités, à Bercy. Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient innové, il y a 5 ans en séparant l'Economie et le Budget. L'idée avait été mûrement réfléchie: il s'agissait alors de casser la toute-puissance du ministère, en jouant -pourquoi pas?- sur les rivalités des administrations, des hommes. Et des femmes. Ca a bien fonctionné: Christine Lagarde s'est chamaillé avec Eric Woerth, et on a vu la bataille qui a précédé l'installation de François Baroin et Valérie Pécresse. Bercy, version Hollande-Ayrault est toujours coupé en 2 mais d'une autre manière. D'un Côté, il y aura l'Economie et le budget, tenus par Pierre Moscovici. Jérôme Cahuzac est un ministre délégué au budget. L'autre pôle, sera tenu par Arnaud Montebourg, à la tête d'un ministère de l'Industrie rebaptisé "ministère du redressement productif". Il n'est pas chargé du commerce extérieur, qui reste côté Moscovici. Beaucoup, parmi les chefs d'entreprises ou les organisations patronales, seront surpris, eux qui lient, justement le redessement de notre économie, à la conquête des marchés étrangers. Surtout, les patrons, avec Arnaud Montebourg à la tête de ce ministère, peuvent commencer à s'inquièter: la politique industrielle "du coup de fil", comme ils la dénonçaient sous Sarkozy, quand l'ancien Président s'emparait d'un dossier: Renault, Lejaby ou Photowatt... cette manière de procéder a, peut-être, avec Arnaud Montebourg, de beaux jours devant elle.

Inquiet. La zone euro inquiète beaucoup David Cameron. Le Premier ministre britannique s'apprête à tirer la sonnette d'alarme. C'est le Financial Times qui l'affirme, ce matin, à sa Une. David Cameron doit prendre la parole aujourd'hui pour alerter sur les risques d'un délitement de la zone euro... un délitement qui aura des conséquences pour tout le monde, bien au-delà des seuls membres de l'Union monétaire. "La zone euro est à la croisée des chemins" selon David Cameron: "soit elle se renforce, soit elle va droit vers la dislocation".Inquiète. Les perspectives peu réjouissantes de l'Unedic, l'assurance-chômage. Certes, elle annonce un déficit moins important que prévu, mais elle prévoit, dans le même temps, la poursuite de la hausse du chômage. Cette année, mais aussi l'année prochaine. Au total, l'Unedic s'attend à voir plus de 300 mille chômeurs supplémentaires d'ici à la fin 2013.

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