C'est une information des "Echos", ce matin, qui explique qu'elle a provoqué une "colère retentissante" du CSA, du Ministère de la Culture et de la Communication, mais aussi de Matignon. Aucun des 3 n'ayant été informé d'une décision prise à l'Elysée. Mais pire: au Palais présidentiel, raconte toujours "Les Echos", le conseiller pour les médias, David Kessler, lui non plus n'avait pas été mis au courant. Il aurait rédigé, d'ailleurs, une "note incendiaire" pour s'en plaindre et contester la décision prise. Cette décision la voici: le mois dernier, l'Elysée a décidé d'attribuer une partie des fréquences hertziennes, initialement destinées à la télévision numérique (la TNT) à la téléphonie mobile. La décision va permettre, potentiellement, d'engranger 3 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat puisque (c'est un principe établi depuis longtemps en France, et qui perdu beaucoup de son fondement, d'ailleurs) si on attribue gratuitement les fréquences aux chaînes de télé, en revanche, on les fait payer, payer très cher aux opérateurs télécoms. Cette décision, lourde de conséquences pour le secteur de la télévision, a été prise, à l'Elysée, donc mais dans le cadre des discussions sur le budget du ministère de la Défense, pour les prochaines années. Elles ont provoqué beaucoup de remous et, au final, pour boucler le budget futur des armées, il a été décidé que 6 millards d'euros proviendraient de ce qu'on appelle des ressources "extra-budgétaires". Autrement dit, la vente d'une partie du patrimoine des armées: immeubles, terrains... fréquences hertziennes! Conséquence: une partie de celles qui été prévues pour la TNT va, finalement, être mis aux enchères, comme plusieurs fois par le passé, auprès des opérateurs télécoms, dans le but qu'ils développent l'internet mobile, à très haut débit. C'est une aubaine pour eux, même s'ils vont devoir trouver l'argent. Pour le secteur audiovisuel, en revanche, cette décision est une catastrophe: elle bloque le développement de la télévision numérique. Selon un expert cité par "Les Echos", la TNT haute-définition, avec cette décision, ne pourra pas, à l'avenir, être généralisée à l'ensemble des chaînes. Et l'ultra-haute définition, l'étape d'après qui était déjà envisagée, ne sera, peut-être, jamais lancée". Sur la méthode, et sur le choix retenu, certains à l'Elysée vont devoir s'expliquer.

Papal. Le Pape François s'en prend à "la dictature de l'économie sans visage". Il recevait, hier au Vatican de nouveaux ambassadeurs... dont ceux du Luxembourg et de la Barbade. Une nouvelle occasion pour lui de dénoncer ce qu'il a appellé le "fétichisme de l'argent", une "dictature de l'économie sans visage (ça rappelle "la finance sans visage") qui créé, dit-il, une "nouvelle tyranie invisible dont les pauvres font les frais". Les ambassadeurs ont dû apprécier le sermon. D'autant que le Pape François ne s'est pas arrêté là: "l'argent doit servir et non pas gouverner". Avant de dénoncer "les idéologies promotrices de l'autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, qui nie le droit de contrôle aux Etats".

Raté. 3 économistes de l'Institut Bruegel, un centre de réfléxion influent à Bruxelles, dénoncent "l'échec" programmé du plan d'aide accordé à la Grèce. "Ses créanciers, écrivent ces experts, vont devoir reconnaître un jour que le pays ne pourra jamais rembourser sa dette". Pour eux, ce plan, arrivé trop tard, n'a été "absolument pas préparé". Il fait porter les pertes par les contribuables grecs et a fait s'envoler le chômage.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.