L'inflation en France a fait un retour fracassant, hier, avec la publication des statistiques de février. Les prix à la consommation ont fait un bond de 0,6% en 1 mois: c'est la plus forte augmentation relévée, depuis 2 ans. Sur 12 mois, l'inflation s'établit à +1,3%. Voilà qui tranche, nettemment, avec l'inflation "zéro", ou même parfois l'inflation négative, qu'on a connu ces derniers mois. Le mouvement de balancier est, donc, reparti à la hausse (les prix grimpent à nouveau)... même si pour février, il faut relativiser quelque peu l'ampleur constatée: ce "bond" de 0,6% est largement due à la fin des soldes (qui fait mécaniquement remonter les prix), mais aussi à la forte augmentation des tarifs des voyages touristiques, en période de vacances scolaires: +7%: c'est chaque année pareil! Alors, ce retour de l'inflation, les économistes adorent. Ils adorent parce que ça soulève une foule de questions. Ca leur donne matière à commenter. Ca alimente leurs débats théoriques, et forcément effrénés: faut-il ou pas laisser filer un peu l'inflation? Cette question, en ce moment, est au coeur d'échanges (à peine courtois, d'ailleurs) entre le Fonds Monéraire International et les grandes banques centrales. Elles se sont fixés comme objectif une inflation limitée à 2%. Le FMI suggère, lui, qu'on allège un peu ce carcan, et qu'on fixe à 4%, la limite maximale. Le but, c'est de se donner un peu d'air, en évitant des politiques monétaires trop vite restrictives quand l'inflation revient. C'est-à-dire un retour rapide à des taux d'intérêt très élevés: personne n'aime vraiment. Pour les banques centrales (et singulièrement la Banque Centrale Européenne), c'est quasiment un blasphème que de dire ça! Surtout, c'est jouer avec le feu, parce que l'inflation, c'est quelque chose d'absolument imprévisible. D'incontrôlable. Comme le disait un de mes profs d'éco: "c'est comme le dentifrice: c'est plus facile de le sortir du tube que de le remettre dedans!". A ce stade en tout cas, et très concrêtement, ce retour de l'inflation signifie qu'en 2010, c'est notre pouvoir d'achat qui va en prendre un coup. L'année dernière 'en pleine crise), il a avait été, finalement, plutôt préservé. Ce ne sera pas le cas, cette année. Et c'est une mauvaise nouvelle pour la croissance. La régulation européenne des hedge funds... stoppée net! Le renforcement du contrôle des Fonds spéculatifs: ce doit être l'une des leçons à tirer de cette crise. Un projet de Directive européenne est actuellement en cours d'élaboration mais, hier, à la surprise générale, le texte a été retité de l'ordre du jour de la réunion, à Bruxelles, des ministres européens des Finances. C'est Gordon Brown qui a obtenu ce report. Au delà des élections législatives qui l'attendent dans son pays. Le Premier ministre britannique est très hostile au projet. La Grande-Bretagne accueille 70% des Hedges funds européens. Ceci explique, évidemment, cela. Sus aux frais bancaires! Entre les 2 tours des Régionales, l'annonce peut apparaître très opportuniste: Christine Lagarde, dans les Echos ce matin, affirme qu'elle va s'attaquer aux abus de frais bancaires. Les "frais en cascade" que font payer les banques à leurs clients, en cas de découvert, sont dans le colimateur, affirme la ministre de l'Economie. Appel à la grève chez Air France. 4 jours, à partir du 28 mars prochain. Hôtesses et stewarts sont appelés à cesser le travail pour protester contre les efforts de productivité qu'on leur demande sur les vols courts et moyens courriers. Ceux qui font face à la concurrence directe des compagnies à bas coûts.

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