A Saintes, la semaine dernière (2ème étape de notre vadrouille), les responsables de l'union locale de la CGT voulaient croire à une mobilisation, massive, demain, dans leur ville et en France, contre le pacte de responsabilité de François Hollande. Contre le pacte et sa logique d'austérité qui "détruit des emplois", expliquent-ils. Au niveau national, la CGT annonce plus de 140 manifestations et rassemblements. A Force ouvrière, on veut croire que cette journée de mobilisation, demain, aura plus d'impact que les précédentes mobilisations (contre la réforme du marché du travail, contre la réforme des retraites) qui n'ont pas réussi à inverser le cours des événements. "Je suis optimiste car il y a plus d'appels à des grèves et des manifestations que d'habitude" affirmait, ce week-end Jean-Claude Mailly, dans une interview accordée au journal "Le Monde". Moins que le pronostic, c'est le ton du patron de Force ouvrière qui surprend dans cet entretien. Mailly y va "à la sulfateuse", pourrait-on dire. La méthode du gouvernement d'abord: "comment parler de dialogue social, comment parler de confiance, quand on découvre l'idée du Pacte, le 31 décembre, à l'occasion des voeux du Président de la République". Sur le fond, ensuite: "personne ne peut imposer à une entreprise d'augmenter ses effectifs ou ses salaires". "On nous dit que la baisse des cotisations "famille" n'aura pas d'incidence sur les prestations, j'en doute!". Puis finalement: "François Hollande a eu tort de parler de compromis historique. L'Histoire se juge après, pas avant". Mais c'est, peut-être, sur ses homologues, organisations syndicales "réformistes" que Jean-Claude Mailly a la dent la plus dure. Le relevé de conclusions que la CFDT, le CGC et la CFTC ont signé avec le patronat est un "objet juridique non identifié". Quels engagements contient-t-il?. "Rien" pour le leader de FO "c'est un recyclage de l'agenda social, un pacte de complaisance". La CFDT en prend pour son grade: "elle a un côté "syndicat officiel". Depuis l'élection présidentielle, elle n'a rien refusé: elle tamponne tout". La responsabilité (d'un syndicat) "n'est pas d'être béni-oui oui". Encore une: "penser, c'est aussi dire non". Des propos contre la CFDT, qui rejoignent, ceux de Thierry Lepeaon: "on a l'impression d'une mainmise presque idéologique" du gouvernement sur les syndicats signataires du Pacte de responsabilité" a dit le patron de la CGT. Hier, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, leur a répondu en filant la métaphore sportive: "ceux qui restent en tribune, n'apportent finalement pas grand chose. De temps en temps, il faut rentrer sur le terrain. C'est comme ça qu'on peut marquer des buts".

Arrêt de jeu. Pour le rachat de SFR, le gouvernement ne s'avoue pas vaincu. Vendredi (on le sait), c'est Numéricable qui a obtenu 3 semaines de négociations exclusives pour finaliser le rachat de SFR: décision de Vivendi... annoncée par Arnaud Montebourg! Le ministre du Redressement productif, qui n'a pas caché sa préférence pour Bouygues, parie-t-il, maintenant, sur l'échec de ces négociations? "Le combat continue" déclare-t-il, en tout cas, ce matin, aux Echos. Dans le même journal, le patron de la Caisse des dépôts, lui-aussi semble considérer que l'affaire n'est pas terminée: "la Caisse pourrait accompagner un rapprochement entre Vivendi, SFR et Bouygues", déclare Jean-Pierre Jouyet.

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