Hier, la Grèce a fait un chèque de 560 millions d'euros, au FMI, l'un de ses créanciers. Vendredi, elle devra lui en signer un autre, une "tranche", cette fois-ci, de 336 millions. La dernière... de ce mois: en n avril, ce sera 400 millions, puis 746 millions, en mai. A tous ces versements, s'ajoutent ces Bons du Trésor qui arrivent à échéance: 1 milliard 6, rien que pour cette semaine. Jusqu'à quand, la Grèce pourra-t-elle, ainsi, honorer ses dettes? Dans 15 jours, le pays sera à court de liquidités, jugent certains. "En fait, on ne sait pas" affirme l'homme chargé en Europe, de gérer les Fonds d'aide d'urgence aux pays membres en difficulté. 40% de la dette grecque y sont logés! En fait, Klaus Regling (dans une interview au journal Le Monde daté d'aujourd'hui) se montre plutôt inquiet parce que, depuis l'arrivée de Syriza au pouvoir, les rentrées fiscales ont chuté. "Le surplus budgétaire de la Grèce (la seule réussite des plans de sauvetage, finalement), ce surplus budgétaire a diminué, peut-être disparu". Bref, sans accord politique rapide, entre le gouvernement d'Alexis Tsipras et ses partenaires-créanciers, Athènes pourrait se déclarer en défaut de paiement. "On ne va pas laisser de petits problèmes insignifiants de liquidité diviser l'Europe" rétorque Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, manière de replacer le débat à son bon niveau. Son bon niveau, c'est la sortie, ou non, de la Grèce de la zone euro. "Ce n'est n'est pas une option" dit-on à Athènes. A Bruxelles, on l'entend aussi. Mais l'idée, malgré tout, s'installe. Une sortie "par accident", faute d'accord entre les uns et les autres. Une sortie "amicale" (pour le bien de la Grèce): ça c'est la version récemment développée, par Valéry Giscard d'Estaing. Mais, il y a aussi la version "sortie-sanction". Celle que préconise, par exemple, un grand patron français, en privé. "La Grèce ne peut pas rester, sans faire des efforts et sans payer ses dettes" estime-t-il. "Ce n'est pas l'Allemagne qui ne le supporterait pas, mais tous les pays qui, soutenus financièrement, ont mené les réformes demandées, le Portugal, l'Irlande, l'Espagne. Ce dirigeant, qui connait bien les marchés financiers, estime qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait aujourd'hui acceptée, et sans conséquence. "Pas d'effet domino" selon lui, mais, au contraire, une clarification, un signal salutaire. Un exemple pour tous les autres, tous ceux -et là, il pense à la France- qui rechignent à se réformer.

Alors? Christine Lagarde ne voit pas la croissance revenir. La patronne du Fonds Monétaire International trouve la reprise économique "trop lente, trop fragile et trop déséquilibrée". Le FMI table toujours une croissance mondiale de 3,5%, cette année, mais "c'est décevant, plus de 6 ans après la crise financière", selon Chistine Lagarde. Si la reprise semble "solide" aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, elle reste "fragile" dans les pays émergents. Le Japon et la zone euro, eux, sont toujours sous la menace d'une croissance molle et d'une inflation trop faible.

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