L'éco du jour par Régis Lachaud. __ Vendredi soir, tout le monde pensait que cette grève prendrait tranquillement fin pendant le week-end, y compris de nombreux membres du SNPL, le principal syndicat de pilotes de ligne qui voulait par cette grève dénoncer l'absence de concertation entre pouvoir politique et syndicats sur l'amendement voté début novembre. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, avait alors accepté de déposer un autre amendement qui précise le maintien du départ possible en retraite des pilotes dès 60 ans. Seulement voilà, le lendemain, 65% des pilotes ont voté la poursuite de la grève, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, les plus jeunes craignent un ralentissement de leur carrière, qui fonctionne essentiellement à l'ancienneté et au remplacement des départs en retraite. En résumé, si les vieux partent plus tard, les jeunes pilotes attendront plus longtemps pour devenir commandant de bord. Mais au-delà de ces revendications matérialistes, cette grève met en évidence les craintes de nombreux salariés. Après le rejet massif, il y a quelques semaines, d'un autre amendement qui permet aux salariés qui le souhaitent de travailler jusqu'à 70 ans, cette grève des pilotes à Air France illustre le ras le bol de nombreux salariés qui sont pressés de partir à la retraite. Et beaucoup craignent qu'une liberté nouvelle devienne peu à peu une contrainte pour eux, ne serait-ce que pour des raisons financières. La tendance est en effet à travailler plus longtemps pour financer les régimes de retraite, comme le souligne d'ailleurs le gouvernement, qui réalise actuellement que les résistances sont nombreuses, y compris d'ailleurs chez les patrons d'entreprise ! Le trafic restera très perturbé jusqu'à ce soir minuit. Les grévistes protestent contre le contenu d'un amendement examiné aujourd'hui au Sénat et déjà voté par les députés. Texte qui prévoit de repousser de 60 à 65 ans, l'âge limite de cessation d'activité en vol des pilotes de lignes, sur la base du volontariat. On y revient dans quelques instants. Le Japon officiellement en récession. La deuxième économie mondiale affiche un nouveau recul de son PIB au troisième trimestre. Moins 0,1% après moins 0,9% au second trimestre. Aux Etats-Unis, Barack Obama promet de "prendre toutes les mesures nécessaires pour relancer l'économie", quitte à creuser le déficit budgétaire. Propos tenus hier soir par le futur président américain, lors d'une interview à la chaine CBS. Bilan mitigé pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20. Le communiqué final évoque des mesures pour la relance de la croissance, la régulation des banques et des marchés financiers et le refus du protectionnisme. Un premier bilan des actions réalisées par chaque Etat est prévu fin mars 2009. Et puis, Renault annonce ce matin une réduction de 25% de sa production. "L'industrie automobile n'a jamais connu une telle crise !" estime le directeur général Patrick Pélata, dans une interview au "Parisien-Aujourd'hui en France".

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