Qui, en France, ose encore, en pleine crise, parler "pouvoir d'achat". Qui ose, surtout, promettre d'améliorer le pouvoir d'achat des Français, dans les mois qui viennent? Les politiques font attention, c'est flagrant. Un homme, en revanche, a décidé d'en faire sa pub: c'est Xavier Niel, le patron de Free. La modestie n'étant pas, tout à fait, la première de ses qualités, il a déclaré récemment: "le lancement de Free mobile sera un jour important pour le consommateur français". Avant d'ajouter, comme s'il était candidat à une élection: "nous allons rendre du pouvoir d'achat aux Français". On pourrait en rire. S'en moquer, mais on doit reconnaître que ça marche. Il existe des consommateurs (j'en ai croisé) qui attendent, frébrilement, l'arrivée de Free dans le monde de la téléphonie mobile puisqu'il s'agit de ça, Free s'apprête à devenir le 4ème opérateur français. Ils sont persuadés que le créateur de la "box internet à moins de 30 euros -tout compris", va rejouer exactement le même coup, avec le téléphone portable! Mais ça marche aussi, chez ses futurs concurrents. Orange, SFR et Bouygues revoient leurs stratégies, depuis quelques mois. Persuadés, comme leurs clients, que Free va "casser les prix". Les 3 opérateurs viennent ainsi de lancer des offres à bas prix: B&You, Sosh et Red. On notera au passage cette même inspiration pour trouver des noms de marques "modernes". Alors, à ce stade, on ne sait pas encore si Free va tenir ses promesses. Mais le Figaro, ce matin, nous apprend, en tout cas, que l'heure fatidique... l'heure de vérité approche. Xavier Niel est prêt, annonce le journal. Tous les obstacles techniques sont désormais levés. Les équipes (commerciales notamment) ont été constituées. Des boutiques ont été ouvertes. Et surtout, les 27% de couverture sont enfin atteints: c'est le seuil minimum légal. Free Mobile pourrait, donc, être lancé juste avant Noël. Dasn les jours qui viennent, autrement dit. Et cette fois-ci, pas question d'imposer des préréservations: "tout marchera tout de suite", promet le nouvel entrant. Côté prix, "l'opérateur du pouvoir d'achat" pourrait proposer, selon le Figaro, un forfait "tout compris" (appels, SMS et internet illimités), le tout pour 29 euros 99. Comme la Freebox en 2002, qui a fait la réputation et la fortune du groupe. Et de son patron provocateur.

Refuge allemand. L'Allemagne reste la dernière valeur refuge de la zone euro. C'est ce que traduisent les taux d'intérêt sur les marchés. Dans le club des pays classés "triple A" en Europe, même l'Autriche décroche. Pour la France, l'écart de taux avec l'Allemagne (le spread) approche, désormais, les 200 points de base: du jamais vu depuis les années 90, c'est-à-dire avant la création de l'euro. Les experts appellent ça la "fuite vers la qualité": les investisseurs ne veulent acheter que ce qu'il considérent comme 100% sûr aujourd'hui, c'est-à-dire gosso modo les seuls titres allemands.

L'euro dans ce contexte recule, mais ne décroche pas. La monnaie européenne s'échange à 1 dollar 35.Dégraissage monstre. BNP Paribas, hier, a confirmé la suppression de mille 400 postes, dont 400, en France. Au total dans le monde... à cause de la crise et à cause des nouvelles normes réglementaires... les grandes banques (celles de taille mondiale) prévoient plus 110 mille suppressions de postes.

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