Ca ne ressemble pas à une déclaration "surjouée", une manoeuvre "tactique" (je noircis le tableau, pour obtenir ce que je souhaite). Christine Lagarde avait l'air tout à fait sincère et déterminée, samedi soir, quand elle a dressé un état, très inquiètant, de la situation de l'économie mondiale, à l'occasion du "G20 Finances" organisé à Paris. L'évolution de l'économie est "négative", a-t-elle déclaré, "la situation ne s'est pas amélioré depuis 3 semaines" (date du dernier G20 Finances, à Washington). Pire: la crise (dans les économies avancées) "est en train de toucher les pays émergents", affirme la Directrice générale du FMI. Les journalistes présents ont bien tendu l'oreille: Christine Lagarde n'a pas prononcé le mot "récession" mais c'est tout comme. "Récession", le mot tabou, le "mot en R", comme disent les politiques et les économistes supersticieux, "le chat noir". Cela dit, si on quitte Madame Lagarde et si on se concentre sur la France, il faut admettre qu'on commence, pourtant, à l'entendre, ce mot "récession". On le trouve, par exemple, dans une note de la banque Goldman Sachs. Ses analystes croient une à... légère récession en France, c'est-à-dire 2 trimestres consécutifs de recul du PIB, entre la fin 2011 et le début 2012. Autrement dit: dès maintenant et jusqu'au printemps prochain. En pleine campagne électorale! Il y a l'INSEE aussi. L'Institut officiel anticipe une croissance à 0% pour le dernier trimestre de cette année. Mais elle assortit sa prévision de tellement de risques qu'on a compris qu'un chiffre négatif était tout à fait possible. Les experts de l'OFCE, enfin, viennent, à leur tour, de faire ce constat inquiètant. Ils misent, pour 2012, sur une croissance maximale à 0,8% seulement, mais les conjoncturistes de Sciences Po ajoutent: si la France, pour tenir ses engagements en matière de déficit, ajoute encore un peu de rigueur à la rigueur, alors, oui, ce sera la récession. Un recul de 0,5% du PIB en 2012.

Gourgeon débarqué. C'est une surprise, et une information des Echos. Ce sera officiel, ce soir, au terme d'un Conseil d'administration exceptionnel. "C'est une décision brutale. Un putsch bien orchestré" affirme un proche de Pierre-Henri Gourgeon. Pierre-Henri Gourgeon "sonné", surpris: il avait été reconduit, à l'unanimité, il y a 3 mois. C'est Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron de la compagnie et actuel président du Conseil d'administration) qui, apparemement, est à la manoeuvre. Il pourrait reprendre les rênes opérationnelles du groupe Air France/KLM. Alexandre de Juniac, l'ancien Directeur de cabinet de Christine Lagarde, à Bercy, devient, lui, le patron d'Air France.

Dexia. Le sauvetage de la banque franco-belge, examiné, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale. L'Etat français doit assurer plus de 30 milliards d'euros de garanties financières pour sauver la banque, et ses activités françaises.

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