C'est l'agence de presse Reuters qui l'a écrit ainsi: Anne Lauvergeon est ressortie "tout sourire" de Matignon, hier soir. "Sans dire un mot, mais tout sourire". L'ancienne patronne d'Areva venait de s'entretenir une heure durant avec Jean-Marc Ayrault. Vue à l'opéra, avant hier soir, pour la première parisienne de "La fille du régiment" (avec Natalie Dessay dans le rôle-titre), elle était "tout sourire" également. Assise, non loin des Jospin, Lionel et Sylviane, toujours très bien placés. En fait, si on scrute (à la loupe), ainsi, Anne Lauvergeon, c'est qu'on cherche à savoir si c'est bien elle qui sera, finalement, choisie pour diriger la future Banque Publique d'Investissement. Cette banque -premier des 60 engagements du candidat Hollande- doit voir le jour, aujourd'hui, avec sa présentation en Conseil des ministres. On connaît déjà plusieurs choses sur cette banque: elle sera 100% publique, mais au terme d'un bras de fer assez vif semble-t-il, le pouvoir sera partagé, à parité (50/50) entre l'Etat, c'est-à-dire Bercy, et la Caisse des Dépots. Les Régions, également, se sont beaucoup battu pour obtenir autre chose qu'un strapontin: elles auront, au final, un pouvoir non négligeable dans une banque largement décentralisée. La Banque Publique d'Investissement sera créée en fusionnant, ou en rapprochant des structures existantes (comme Oséo et le Fonds Stratégique d'Investissement). Elle sera dotée d'une capacité de financement de 30 à 40 milliards d'euros. A destination exclusive des PME. La présidence de ce nouvel établissement bancaire ira à Jean-Pierre Jouyet, le patron de la Caisse des Dépôts. Alors reste une inconnue, qui nous ramène à Anne Lauvergeon: le nom de futur Directeur. Ou plutôt de la future directrice, parité oblige. L'ancienne conseillière de François Mitterrand est donnée favorite depuis plusieurs jours, mais hier, une réunion à l'Elysée, en fin d'après-midi, autour de François Hollande, n'a, semble-t-il, pas permis de trancher. Anne Lauvergeon ne fait pas l'unanimité, parmi tous les acteurs du dossier: la Caisse des dépôts et les Régions, ne veulent pas, forcément, d'une personnalité trop forte, trop indépendante. On y souligne, du coup, sa méconnaissance du monde des PME et du métier de la banque. Anne Lauvergeon peut se prévaloir, à l'inverse, du soutien d'Arnaud Montebourg, et du Corps des Mines. Mais, du coup, un autre nom circule: celui d'Isabelle Kocher, actuellement chez GDF Suez. C'est une femme: c'est ce qu'on cherche. Issue du Corps des Mines: parfait! Et moins médiatique: elle ne fera pas d'ombre à Jean-Pierre Jouyet. On attend la décision.

Au secours. Le gouvernement s'apprête à voler au secours de la banque de Peugeot Citoën, PSA Finance. C'est cette banque, filiale du constructeur automobile, qui accorde les prêts aux clients de Peugeot-Citroën, pour acheter ses voitures. Elle est aujourd'hui en grande difficulté, victime de la dégradation de la note financière du groupe PSA, par les agences de notations. Elle se refinance, mécaniquement, à un coût de plus en plus élevé. Selon le Figaro, l'Etat s'apprêterait à lui accorder, en urgence, une garantie financière de 4 milliards d'euros.Attention. Bercy préoccupé, également, par l'avenir de SFR que Vivendi, sa maison-maère, souhaite vendre. L'opérateur téléphonique (le 2ème de France) est une entreprise "sensible et stratégique" fait savoir Fleur Pellerin, la ministre de l'économie numérique.

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