C'est un tweet de Valérie Pécresse qui a alerté les journalistes, hier. "Coup de théâtre", envoie la députée UMP sur le réseau social, "par amendement, la gauche renonce à compenser la hausse des cotisations retraite pour les employeurs". Suivent 5 autres tweets racontant, presque minute par minute, les débats alors en cours au sein de la Commission des Finances, de l'Assemblée nationale. C'est de bonne guerre: la Droite s'amuse des divisions du camp d'en-face. Et joue les arbitres puisque c'est grâce à ses voix qu'un nouveau psychodrame au sein du Parti socialiste a, finalement, été évité hier. Voilà le récit. Ca se passe, donc, à la Commission des Finances de l'Assemblée. Les députés examinent le projet de financement de la Sécurité sociale, pour 2014. Et c'est la députée socialiste Valérie Rabault qui bouscule la séance, en défendant un amendement proposant de revenir sur une promesse du gouvernement faite aux patrons: compenser, à l'euro près, la hausse des cotisations retraites, prévue dans la réforme, par une baisse parallèle des cotisations "famille". Son amendement propose, tout simplement, de supprimer cet avantage. Au nom de "l'effort partagé" et en rappelant que les cotisations retraites, payées par les employeurs, sont restées stables depuis 30 ans quand celle des salariés n'ont cessé d'augmenter. Le débat s'engage... entre députés socialistes. Il est vif, apparement. Au moment du vote à mains levées, les voix socialistes se partagent en 2 camps mais l'amendement est finalement retoqué, grâce aux voix UMP et UDI. Pour l'UMP Hervé Mariton, c'est clair: 2 lignes s'opposent en ce moment au PS, la "ligne dure" et la ligne "pro-patrons". Le Socialiste Laurent Baumel, qui a soutenu l'amendement, reconnaît ce débat, mais estime que la grogne va au-delà de la seule aile gauche du PS. Lui, ancien strauss-khanien, explique q'il n'a pas digéré la fin du mois d'août, où 3-4 jours après l'annonce de la réforme des retraites (où tout le monde est mis à contribution: salariés, employeurs, retraités), le gouvernement promettait une compensation intégrale au Medef. "On envoie le message qu'il existe 2 catégories de personnes: ceux qui peuvent faire pression, négocier et obtenir. Et ceux qui ne peuvent pas, et doivent payer". Laurent Baumel ajoute: "on n'est pas tous obligés de faire le même pari que François Hollande, c'est-à-dire tout miser sur l'inversion de la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, par une politique de l'offre, en passant une alliance objective avec le patronat". Ce que Valérie Rabault traduit elle par une formule-choc: "le Medef n'est pas l'Assemble nationale".

Attention au plafond. C'est la fin de la crise budgétaire aux Etats-Unis. Elle aura posé la question de l'intérêt de fixer un plafond à la dette. 2 pays industrialisés, seulement, se l'imposent dans leurs procédures budgétaires: le Danemark, et donc les Etats-Unis. Imaginé comme un garde-fou, il est devenu, à Washington, facteur de crises, en donnant au Parlement la possibilité de couper le financement de dépenses, pourtant déjà votées. En fait, les parlementaires, sans ce plafond, ont déjà tous les outils en main pour contenir la dette s'ils le souhaitent, puisqu'ils votent les dépenses et les impôts. Beaucoup de voix s'élèvent, du coup, pour suggérer sa suppression: l'OCDE, des agences de notations, des élus américains mais aussi le patron de la Reserve fédérale et même Barack Obama, lui même, l'année dernière. Le milliardaire Warren Buffet, pour sa part, a dénoncé une "arme politique de destruction massive".

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