La bourse est au plus haut (le CAC 40 a franchit la barre des 3800 points, hier pour la première fois depuis près d'un an). Les banques françaises, aussi, se portent mieux. Se portent, bien. On a vu leurs bilans repasser au vert, il y a peu de temps et hier, nouvelle étape dans leur convalescence, elles ont annoncé que d'ici quelques jours, elles vont pouvoir se passer d'une partie de l'aide de l'Etat! C'est Baudouin Prot, le patron de BNP-Paribas qui l'a annoncé, en sa qualité de président de la Fédération bancaire française: "nos banques n'ont plus besoin de l'Etat pour se financer" a-t-il dit. Il faut se souvenir qu'au plus fort de la crise, il y a un an, le gouvernement avait mis en place un double système pour soutenir les banques françaises. D'abord, une aide en fonds propres. C'est-à-dire l'entrée de l'Etat au capital des banques, mais sans droit de vote, ni place au Conseil d'administration. Ca, c'est une aide qui va perdurer encore de longs mois. L'autre dispositif, créé il y a un an, c'est un système qui a permis aux banques françaises d'emprunter de l'argent sur les marchés financiers, avec la garantie de l'Etat. C'est ce dispositif qui est en train de s'éteindre. Sur un bilan plutôt favorable sur le plan comptable. Au total, 77 milliards d'euros ont été emprunté, sur les marchés. Avec un taux d'intérêt moyen de 2,7%. Pour l'Etat, qui prélève une commission sur chaque opération, ce système a rapporté 1,3 milliards d'euros. On nous l'avait dit: l'aide aux banques n'est pas un cadeau, mais bien un "service payant". Le contribuable peut être rassuré. L'acteur économique, lui (le salarié, le consommateur, le chef d'entreprise...) est, sans doute, plus partagé. Certes sa banque n'a pas sombré, personne n'a pas perdu ses économies, mais la répercussion de la baisse des taux d'intérêt pour vous et moi, l'augmentation promise de l'octroi de crédits ne sont pas franchement au rendez-vous. Christine Lagarde vient de demander, pour la ènième fois, aux banques de faire des efforts. Les banques, elles semblent aujourd'hui plus préoccupées de se libérer de la tutelle de l'Etat. La crise a déjà mis 15 millions de personnes au chômage! Et encore, cette estimation ne concerne que les pays membres de l'OCDE, les pays dits "développés". 15 millions de chômeurs en plus, depuis la fin 2007. Et la suite n'est pas plus réjouissante: l'organisation estiment que 10 millions de salariés supplémentaires vont perdre leur travail, dans les prochains mois. L'OCDE préconise de recentrer les plans de relance en cours, sur des politiques actives en faveur de l'emploi. Dans les pays pauvres, c'est l'argent qui manque pour financer des dépenses cruciales: santé, éducation. Un besoin de 12 milliards de dollars selon la Banque mondiale. Bernard Kouchner plaide pour la création d'une taxe mondiale "de solidarité" sur les transactions financières. Une taxe Tobin... Dans un entretien aux Echos ce matin, le ministre des Affaires étrangères affirme que la Grande-Bretagne va travailler avec la France sur ce projet. La crise du lait. Elle se poursuit. S'intensifie même, en Europe avec des producteurs qui continuent à déverser leur lait dans les rues, dans les champs. La Commissaire européenne à l'Agriculture doit dévoiler de nouvelles propositions aujourd'hui.

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