On ne sait pas pourquoi Pierre Moscovici a voulu donner cette précision: "c'est hier, dit-il, que j'ai signé le décret, pendant la visite du ministère, pour les journées du patrimoine". Le décret, c'est celui qui fixe la date du relèvement du plafond du Livret A. On doit avoir l'esprit un peu tordu, mais on imagine, du coup, les visiteurs de Bercy, passant d'une pièce à l'autre, et assistant, sans le savoir, à cette signature officielle, par le ministre de l'économie. En fait, c'est sans doute l'inverse: Pierre Moscovici cherchait, probablement, en racontant ça, à banaliser son geste alors que cette affaire du relèvement du plafond du Livret A l'empoissonne depuis son arrivée, à Bercy. Avec le "gel" des prix des carburants, c'est l'une des promesses "intenables" du candidat Hollande. Pour l'essence, c'est parce que le gel coûterait trop cher à l'Etat (on l'a vite compris). Pour le doublement du plafond du Livret A, ce sont les limites de la mesure qui sont vite apparues: le fait que très peu de livrets soient, en fait, concernés (les 8% aujourd'hui au plafond), et le risque de destabilisation de l'épargne française. Et notamment de l'assurance-vie. Les banquiers d'ailleurs, mais aussi les assureurs, et même le gouvernement de la Banque de France ont multiplié les interventions, auprès de Bercy depuis 3 mois, pour expliquer à quel point la promesse du candidat François Hollande ne devait pas être tenue. Un lobbying puissant, qui a finit par faire douter de la volonté du ministère de l'Economie. Doute, en partie, confirmé: Bercy ne parle plus de doublement, dans l'immédiat mais d'un simple relèvement du plafond. La nuance est de taille. Doute alimenté encore, ces derniers temps, avec une décision finale qui tardait à venir. Les journées du patrimoine ont, donc, eu raison des dernières réticences: le décret a été signé. Il sera publié, mercredi, au journal officiel. Et le relèvement du plafond du Livret A sera effectif, au 1er octobre prochain. Soit avec 15 jours de retard sur le calendrier fixé. Rien de grave. Pierre Moscovici donne 2 raisons à ce (petit) retard: l'informatique (il faut du temps, paraît-il, pour changer les paramètres des ordinateurs), et le fait que les intérêts, sur les livrets, sont calculés à la quinzaine. Démarrer au début du mois, c'est, donc, plus simple. Un observateur de toutes ces questions d'épargne croit, plutôt déceler des négociations jusqu'à la dernière minute, avec les banquiers. Pour les épargnants, en tout cas, c'est parti: dès le 1er octobre, ils vont pouvoir déposer jusqu'à 19 125 euros sur leur Livret A contre 15 300, aujourd'hui. Et jusqu'à 12 000 euros sur leur LDD, le Livret de Développement Durable.

Forfait. Le gouvernement s'apprête à rogner les avantages accordés aux emplois à domicile. C'est une information des Echos, ce matin, qui va intéresser tous ceux qui emploient et déclarent une nounou, un jardinier ou une femme de ménage. En 2010, le gouvernement Fillon avait déjà, supprimé l'exonération de charges pour les salariés déclarés "au réel". Beaucoup d'employeurs particuliers s'étaient reporté, du coup, sur une déclaration "au forfait", moins chère, mais aussi moins favorable aux salariés. Pour corriger le tir, le gouvernement Ayrault envisage, maintenant, la supression, pure et simple, de ce forfait. La mesure pourrait, aussi et surtout, rapporter jusqu'à 300 millions d'euros, à la Sécurité Sociale.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.